mardi 28 septembre 2010

La face cachée de la lune

 (Même sur le balcon! Dégueulasse!)
 
Peut-être que vous le savez ou peut-être que vous ne le savez pas (j'écris beaucoup ici, alors des fois je m'emmêle un peu les pinceaux) mais Professeur Flaxou est un homme de peu de vices. Une légère addiction aux jeux en ligne, un penchant pour le Pinot Gris, et un amour immodéré pour le naturisme d'intérieur.

(Devinez sur quel sujet on va se pencher.)

Ce fut déjà assez difficile à s'habituer au fait qu'il dorme tout nu en permanence, et ce en n'importe quel saison (alors que je sais pas pour vous, mais moi, l'hiver, au lit, je ressemble à Nanouk l'esquimau) mais, quand il a commencé à squatter mon appart en quasi-permanence, j'ai découvert qu'il détestait vraiment les vêtements. 

- Coucou pou, le déjeuner est prê... mais qu'est-ce que tu fous à poil devant l'ordi?
- Ben j'avais pas cours ce matin.
- Et tu t'es pas habillé du tout?
- Bon non, pourquoi faire?
- Je sais pas. Peut-être parce que j'habite devant une cité U et que deux cent personnes peuvent te voir te balader les couilles à l'air.
- Han t'es trop parano.

Oui, tout à fait. C'est parano de ma part de ne pas me pavaner nue devant les fenêtres sous prétexte que quelqu'un pourrait me voir. Tout le monde sait que les fenêtres ne laissent pas passer la lumière.

- Et tu pourrais m'expliquer pourquoi t'as la couette enroulée autour de toi?
- J'avais froid.

Ben oui Flaxou t'avais froid. Évidemment que t'avais froid, on est en décembre et t'es tout nu dans mon salon!

- Du coup j'ai pas fait à manger, j'avais peur que ça éclabousse.
Forcément.

Mais bon, ça fait quatre ans, j'ai réussi à m'y faire (surtout que, quand je lui ai dit "tout le monde te regarde", il s'est mis à faire l'hélicoptère devant les fenêtres, alors bon). Mais un week-end, alors qu'il dormait chez ma mère, je l'ai entendu aller faire pipi à six heures du matin, et en revenant se coucher:

- Mais? Tu t'es pas habillé?
- Ben non, je suis juste sorti aux toilettes.
- T'es allé pisser à poil?! Chez ma mère?! T'es sorti de ma chambre à poil et t'es passé devant la chambre de ma mère à poil, et t'as refait le trajet en sens inverse? A poil?!

Il est complètement fou.

- Et si t'étais tombé sur ma mère?
- Ben j'aurais caché mon bidule. J'ai des mains, hein.

Alors après, on s'étonne de ce qui s'est passé l'autre jour. Quand Professeur Flaxou est sorti de sa chambre en tenue d'Adam, dimanche matin à 9h30, et qu'il est tombé nez à nez avec sa mère, café à la main.

(Ils étaient tous les deux très étonnés, mais moi j'étais surtout morte de rire. Rien que d'y penser ça me chatouille encore les abdos.)

A suivre : Cela va-t-il servir de leçon à Professeur Flaxou que sa mère ait vu son zizi, ou bien va-t-il continuer à boycotter les vêtements dans mon appartement au rez-de-chaussée qui donne sur la rue? La suite au prochain épisode.

vendredi 24 septembre 2010

C'est parce qu'ils ont pas Simone Veil, c'est pour ça.


 Faudra qu'on m'explique pourquoi les femmes des séries américaines vivent au Moyen Age social.

Il y a eu Jordan dans "Scrubs", et aussi J.D. et sa copine aussi dans "Scrubs", (oui en ce moment je regarde Scrubs, je rattrape mon retard, quand j'étais petite j'avais pas la télé), sans oublier Lynette de "Desperate Housewives", qui a cassé les couilles à tout le monde pendant une moitié de saison:

- Je veux pas être enceinte! Je suis trop vieille! J'en ai déjà eu quatre! Je ne peux pas tout recommencer maintenant! Je déteste mon bébé!

Et pas une seule fois dans toute la série quelqu'un n'a pensé à lui secouer le pruneau en hurlant mais AVORTE espèce de molle du bulbe! Non non, à la place son mari lui disait:

- Oui c'est dur, oui c'est sûr on va rester pauvres le reste de notre vie et peut-être qu'on devra vendre notre sang pour lui acheter à manger, et oui, peut-être que tu vas passer ta grossesse à te dire que tu l'aimeras par la force des choses, et puis finalement tu auras envie de l'étouffer avec ton oreiller, et il te rendra malheureuse le reste de ta vie...mais bon c'est pas comme s'il y avait une autre solution hein.

Le pire c'est que tous les personnages sont d'accord!

- C'est normal de passer par une phase de rejet. Moi, quand je suis tombée enceinte à dix-sept ans et que mon petit ami héroïnomane m'a quittée, c'était très dur pour moi. Je me disais, je fais peut-être une erreur de garder ce bébé. Surtout que j'étais alcoolique. Mais bon, quand il est sorti et que j'ai contemplé ses petits membres déformés, je me suis dit que j'allais l'aimer toute ma vie. Tu ne peux pas passer à côté d'un moment pareil. Bon je te laisse, c'est l'heure de sa promenade en chaise roulante.

Elles y vont toutes de leur petite histoire joyeuse "J'ai tenté de noyer mon bébé dans l'étang mais maintenant on est les meilleurs amis du monde" et je me dis mais vous êtes folles ou quoi? Moi je pensais que le principe de l'IVG c'était qu'on t'autorisait à garder seulement les enfants que tu CHOISISSAIS de garder. Tu sais, histoire qu'ils finissent pas au congélateur, tout ça. Mais apparemment, en Amérique, on vit sans les progrès de la science. (Quand tu te casses un bras, hop on l'ampute avec une scie rouillée.)

Des fois j'ai envie de secouer les personnages féminins de ces séries jusqu'à ce que la connerie tombe de leur tête. Elles tombent enceintes et c'est toujours une décision expédiée en un-demi épisode :

- Bon, les pour et les contre. Contre : j'en veux pas. Pour : si j'avorte, ça fera pleurer Jésus. Oh, bon, je suppose que je peux attendre de voir si je vais finir par l'aimer un jour. Je voudrais surtout pas faire pleurer Jésus.

(De toute façon Jésus il est mort sur la croix exprès pour expier tous nos péchés, alors moi je dis: donner c'est donner, reprendre c'est voler.)

mercredi 15 septembre 2010

Quand j'étais jeune

 L'année où, pour aller à la mer, on prenait le RER.

Quelquefois, je m'imagine vieille (genre quarante-cinq ans, la folie!), avec des enfants, et je m'imagine leur raconter ma vie. Et chaque année, je repense aux choses qui me sont arrivées et qui feraient des super histoires.

Par exemple, l'année de mes 19 ans, c'est "L'année où je suis allée manger de la soupe à la saucisse en Pologne" et "L'année où j'ai failli me faire tuer par un chien enragé à Moscou" (heureusement que Manon a le flair pour détecter les chiens enragés), sans oublier "L'année où on a fait de la tartiflette ratée pour les chinois, qui maintenant, grâce à Adèle et Philippe, ont sans doute répandu la rumeur que je suis une exhibitionniste dans toute la Chine populaire".(Rumeur par ailleurs totalement infondée. Ils ont dit que je me baladais à poil dans ma chambre alors que j'étais en SOUS-VÊTEMENTS. Il y a une nuance et je la maintiens.)

L'année de mes 20 ans restera "L'année où je me suis fait faire un tatouage" et "L'année où j'ai dormi à l'arrière d'une voiture sur un parking, par -20 degrés, au festival de Gérardmer, pendant que Franck et Florent essayaient de rester en vie à l'avant" (ils avaient pas de couverture).


Et l'année de mes 21 ans, ce sera...

"La fois où j'ai fait les vendanges avec un Turc qui voulait me caser avec son fils, et ensuite y'a eu des araignées et j'ai cru mourir."

"La fois où j'ai vécu à Kettering pendant un an, mais y'a rien à dire parce que c'était la ville la plus morte au monde." (A part que Kettering est située juste à côté de Corby, qui jusqu'à l'an dernier possédait le titre envié de "Worst place in Britain.")

"La fois où j'ai pris le train avec une nana qui a enlevé son T-Shirt en clamant qu'il faisait trop chaud, et qui a ensuite passé une heure et demie de trajet en soutif panthère, devant le contrôleur et tout." (Elle est sortie à Leicester, et elle avait toujours pas remis son T-Shirt!)

"La fois où je suis allée voir un docteur anglais qui m'a rit au nez quand je lui ai dit que je ne crachais pas du sang." (C'est des fous! Des fous!)

"La fois où j'ai raté mon avion à cause de la neige et j'ai dû dormir dans un terminal avec les pieds dans les manches de mon manteau." (C'est à coupler avec "la fois où j'ai volé en business", "la fois où j'ai rempli mon sac à dos de viennoiseries gratuites et pris une douche chaude avec stéréo intégrée" et "la fois où on m'a proposé du champagne à sept heures du matin".)

"Les fois où j'étais maudite du transport et où : Professeur Flaxou a raté son avion à cause de la neige, ensuite j'ai raté mon avion à cause du volcan, ensuite j'ai raté mon train à cause d'une locomotive en panne, et ensuite j'ai raté un autre train à cause d'un suicide bovin." (Heureusement, c'était pas le même jour.)

"La fois où un mec m'a crachoté des nouilles chinoises sur la tête à Camden Market." (Et j'ai dû me balader avec des nouilles dans les cheveux jusqu'au soir! Dégueulasse!)

"La fois où je me suis fiancée."

"La fois où on s'est paumées à Liverpool avec Adèle et Chloé et où on a atterri sur la place victorienne la plus moche d'Angleterre." (Tellement on s'ennuyait, Adèle a délibérément enfreint la loi en montant en haut d'un escalier où il y avait écrit "do not cross line", et ensuite elle s'est penchée de la balustrade en criant "Roméo, Roméo, mais pourquoi es-tu Roméo", et ensuite elle a vu qu'il y avait une caméra de CCTV alors elle est partie en criant merde merde oh merde je suis trop jeune pour avoir un casier, mais on s'était bien marrées quand même.)
 Adèle sur son balcon

"La fois où les employés de l'aéroport ont confisqué les confitures de ma mamie parce qu'ils pensaient qu'il y avait une bombe dedans."

"La fois où je suis allée voir Twilight 2 au cinéma." (C'était Edwina qui choisissait, et je me suis sentie obligée de dire oui, parce que la fois d'avant je l'avais emmenée voir District 9, et elle a fait des cauchemars pendant une semaine.)

"La fois où j'étais à Oxford et où le vigile m'a viré de l'université de Tolkien, ensuite Adèle et moi on s'est fait suivre par un faisan, et la nuit on a dormi dans un dortoir mixte et j'avais oublié mon pyjama." (Et ça a grandement servi à Adèle pour répandre ses calomnies sur le monde : "Ah tu vois, t'es une exhibitionniste, tu fais exprès de pas prendre ton pyjama pour dormir à poil dans le dortoir mixte!" Alors que trop pas.)
 (Bon, mais qui n'aime pas mettre ses soutifs sur sa tête?)

"La fois où j'ai fait du punting à Cambridge avec Adèle, et on s'est moquées des étudiants dont la barque avait bougé de cinquante mètres en trois quarts d'heure, et ensuite on a acheté des bonbons, et puis j'ai perdu toutes mes photos." (Mais heureusement, les bonbons étaient encore là.)

"La fois où je suis allée à la plage par moins cinq millions de degrés."  
 (Ça nous a fait une belle jambe)

"La fois où je suis allée faire du shopping à huit heures du matin." (J'étais trop détraquée dans ce pays.)

"La fois où, avec Adèle, on a pris le bus au pays de Galles pour aller au milieu de nulle part voir un gros caillou, puis on s'est perdues dans les marais, puis elle a fait pipi devant des voitures, puis on a attendu un bus qui n'est jamais arrivé, puis on a fait du stop sous la pluie pendant une heure et demie, et là, on s'est faites attaquer par le faisan de la mort, qui nous avait suivies depuis Oxford." (Celle-ci est tellement bien que je vais la raconter plusieurs fois.)
 Le faisan fuit la scène du crime!

"La fois où on est allée au Lake District avec Chloé et on a trébuché sur un troupeau entier de moutons."

"La fois où je suis allée à Salzburg entièrement sur un coup de tête, juste pour rencontrer une lectrice qui aurait très bien pu être une psychopathe (Mais en fait non)". (Et puis c'était aussi parce que j'ai une liste de pays où il faut que je ruine ma réputation.)

 Autriche, check.

"La fois où j'ai vendu un baromètre à Cathy Guetta. (Et où je l'ai absolument pas reconnue. D'ailleurs je savais même pas à quoi elle ressemblait, alors comment j'aurais pu la reconnaître?)" (Mais tout de même, c'est la classe.)

"La fois où j'ai failli faire pipi sur un crapaud." (Longue histoire.) 

Et quand je regarde toutes les choses qui me sont arrivées juste sur un an, je trouve que j'ai quand même vachement de chance.

A suivre : mes 22 ans, ou "La fois où je suis restée enfermée chez moi à bosser...et c'est tout". (On peut pas vivre des aventures de Tintin chaque année, ma petite madame.)

lundi 13 septembre 2010

We're coming to get you, Barbara

 (Je vais la mettre en faire-part pour le mariage)

Cette année, je suis allée à la zombie walk avec Professeur Flaxou et Chloé. Comme toutes les années. (depuis l'an dernier quoi, mais bon je sens une tradition en formation là.) (C'est pas avec Chloé que j'y vais  toutes les années, c'est juste pour la zombie walk, tu suis?)

Et comme toutes les années (re-tradition) c'était complètement à l'arrache, après avoir remarqué une affiche dans un bar lors de l'anniversaire d'Adèle.

D'ailleurs, je tiens à remercier les organisateurs de toujours s'arranger pour organiser la zombie walk juste avant mon anniversaire, pour moi, c'est comme un cadeau géant de la part de la ville de Strasbourg. (Non non ça n'a rien à voir avec le festival du film fantastique qui se tient au même moment, laisse-moi être la reine de mon petit monde.)

Donc cette année, comme l'an dernier, on a fait le tour du centre ville en traînant les pieds (mes baskets sont foutues), on a fait peur aux gosses dans les poussettes, on a enfermé des gens (volontaires) dans des cabines téléphoniques, on a a tapé sur les trams qui passaient en faisant "Houuuuu", et ensuite on est allés à la Fnac voir tous les zombies qui lisaient des mangas et rigoler.

C'était très rigolo et très bon enfant. Sauf pour un truc.

Ce truc c'était une fille. Elle avait rien compris à la vie, je crois. 

- Ouais, la zombie walk quoi! Trop fort! Ouh je m'amuse comme une petite folle! Dis tu trouves pas que c'est marrant? La la la la! Je parle très fort d'une voix qui fait grincer les dents des gens! Eh il fait chaud hein? Après moi j'irais bien boire en verre à la taverne, ah ah ah ah.
Elle rigolait toute seule à des phrases qui étaient même pas des vannes, on aurait qu'elle avait pris trois ecstasy. Et puis comme ça, elle a, eu l'idée de génie, la mine de vannes à faire à la zombie walk : elle s'est mise à marcher le poing dressé en criant des trucs fulgurants d'humour:

- So-li-darité avec les zombies homosexuels!
- Oui, mais en fait...
- So-li-darité avec les prostituées zombies!
- Oui, c'était déjà pas super marrant la première fois mais...
- Plus-de-reconnaissance-pour les zombies sans papiers!

Ou alors elle avait passé trop de temps à Marc Bloch, et du coup, quand elle voyait des gens marcher en groupe, elle croyait automatiquement que c'était une manif. Parce qu'à un moment, elle a un peu dérapé:

- Eric Woerth, si tu savais, ta réforme où on s'la met!

Y'avait même pas "zombie" dedans. Je crois qu'elle avait pas bien compris le principe d'une manifestation CULTURELLE.

- Nan mais c'est trop la métaphore de l'instinct grégaire auquel nous pousse la société, j'adhère totalement! Oh oh c'est vraiment trop fun! La la la je sais pas pourquoi j'ai envie de chanter, t'as pas envie de chanter des fois? La la la! So-li-darité avec les zombies Roms! Ah ah ah je l'avais pas encore faite celle-ci!

Des fois, y'a des gens qu'il faudrait étrangler juste par mesure de protection sociale.

- Chut!
- ?
- T'entends?
- Quoi?
- T'entends comme c'est bon quand tu fermes ta gueule?

Malheureusement, elle entendait pas.

Elle était même décalée au niveau des cris. De temps en temps, les organisateurs nous demandaient de pousser des cris. Alors tout le monde faisait "Huuuuu" ou "Houaaaaargh" d'une manière monotone et menaçante. Et au milieu t'avais Josette, qui faisait des cris de fille qui prend les manèges d'Europa-Park:

- Waïïïïï !!!! Waouuuuuh !! Dis donc qu'est-ce qu'on s'amuse sur le Silverstar!

C'était juste un peu pénible.

- Allez les zombies, faites-nous entendre vos cris!
- Waïïïïïïï !!! De quoi? Non non, je me crois pas sur un manège, c'est juste que j'essaye de voir si je peux monter dans les aigus qui vous feraient saigner des tympans.Waïïïïïïï !!! Des fois je casse des verres en cristal, ou des fois des parpaings aussi. Un jour j'ai fait un récital de chant, ma grand-mère est morte, j'ai pas compris pourquoi. 

Moi, j'ai compris.

(L'année prochaine, je la bouffe.)

jeudi 9 septembre 2010

C'est la guerre, Miaouss oui la guerre.


Previously on "Administration" :

Donc je dois faire deux inscriptions : une à mon institut privé, qui s'est très bien passée, si l'on excepte un détail :

- Ça fera un million d'euros, s'il vous plaît.
- Et sinon, vous acceptez les paiements en reins?

Et je dois aussi effectuer une deuxième inscription à :





(tam tââââm)

Faut savoir que j'y allais relativement confiante, parce qu'au bon vieux temps des trois université séparées de Strasbourg, chaque rentrée était pour moi synonyme de désespoir, de rage, de fureur et d'un tout petit peu d'entrain à la vue des premières années qui pleuraient silencieusement dans les couloirs. MAIS pour Professeur Flaxou qui était à la fac de sciences, c'était incroyablement simple :

- On remplit tout le dossier d'inscription sur Internet, ils nous convoquent à une certaine date, on signe le tout, on nous donne notre carte d'étudiant et notre planning tout fait.

Et c'était tout !

Pas d'arpentage de couloirs pour trouver les horaires des cours, pas besoin d'aller demander des trucs à la sorcière qui osait porter le titre de secrétaire du département de slave (qui m'a tout de même envoyé me faire foutre alors que je lui demandais de me prêter un stylo pour signer SON formulaire), pas besoin de chercher désespérément une option qui se case entre les heures de cours :

- Alors j'hésite entre "histoire du monde hébraïque" et "initiation au sanskrit".
- Moi je vais prendre "littérature austro-hongroise sur textes originaux".
- Je savais pas que tu parlais hongrois!
- Je le parle pas.

(Et pourtant on avait très, très peu d'heures de cours. C'est juste qu'elles tombaient TOUTES le mercredi entre neuf et seize heures. J'ai jamais compris pourquoi.)

Du coup, en comparant les expériences de Professeur Flaxou et de moi-même, je me suis dit : Cool, ce sera à mi-chemin entre "absolument parfait" et "l'anarchie totale", je devrais m'en sortir pas trop mal, forte de mon expérience.

Alors quand, hier, j'ai reçu une missive datée du 31 août et me disant que je pouvais m'inscrire depuis le 19 juillet, mais qu'il me fallait tout de même le code qu'ils me donnaient dans la missive du 31 août que j'ai reçue le 6 septembre, j'ai eu comme une sensation de dayja-viou (faut le dire à l'américaine), mais je n'ai pas paniqué.

Ensuite je suis allée sur le site d'inscription qui m'a dit :

"Si vous n'avez pas été inscrit pour l'année 2009-2010, vous avez besoin d'un nouveau numéro étudiant afin de commencer votre inscription. Votre nouveau numéro est disponible sur votre espace personnel."

Je suis donc allée sur mon espace personnel, où l'on m'a tenu à peu près ce langage :

"Attention! Pour accéder à votre nouvel identifiant, vous devez avoir finalisé votre inscription."

(C'est des Shadoks qui ont conçu ce système, c'est pas possible.)

Du coup j'appelle la Hotline inscriptions ouverte tous les jours en continu de 9h à 17h. Sauf qu'il était midi et demi et que bien sûr y'avait personne, vu que l'Université s'est sûrement tenue à elle-même ce langage :

- Notre système d'inscription en ligne est tellement formidable qu'il n'y aura sûrement que deux appels par jour, on ne va donc mettre en poste qu'une seule personne.

Seulement des fois, ils oublient qu'ils travaillent pas avec des robots, et que si on donne pas des pauses déjeuner aux employés, ils vont aux prud'hommes.

- Du coup on modifie les horaires?
- Oh ben ils sont assez grands pour comprendre que quand ça sonne dans le vide, c'est qu'il y a personne.

Effectivement. A 15h30 il y avait toujours personne, je me suis dit eh ta pause déjeuner t'es parti la faire en Bretagne ou quoi? Et puis finalement, le lendemain à 10h30, on m'a répondu. (C'était le temps que le mec il prenne le train de nuit pour revenir de la Bretagne, sûrement.)

- Oui bonjour, je suis en train de faire mon inscription en ligne, mais on me dit que j'ai besoin d'un nouvel identifiant, et je sais pas comment l'obtenir.
- Ah oui. Ben normalement vous devriez vous connecter à votre espace personnel.
- Oui, j'ai fait ça, mais ensuite j'ai trébuché dans un paradoxe inter-temporel.
- Ah oui c'est vrai, ça fonctionne pas. Pourtant, y'a deux semaines ça marchait très bien hein!
(Mais JE M'EN FOUUUUS)
- Oui ben du coup il faut attendre que ça soit réparé. Ça devrait être dans le courant de la semaine, mais y'a des chances que ce soit pas fini lundi. (sic!)
- Et alors si c'est pas réparé lundi, je fais quoi?
- Ben vous faites une inscription traditionnelle, avec saisie du dossier en ligne, et rendez-vous à l'université munie des pièces justificatives.
- Le type d'inscription qu'il y avait avant à Marc Bloch?
(Tu veux dire le truc qui me faisait perdre une semaine de ma vie dans les méandres des bureaux 3b, 3c, 3xftvt, et qui me donnait envie de me jeter par la fenêtre à chaque fois qu'un employé mou me disait "C'est pas le bon formulaire, vous avez le rose et il nous faut le même en jaune"?)
- Oui, c'est tout à fait ça.

Donc là j'ai un peu eu envie de crier au ciel "La pire administration des trois facs, c'était celle de Marc Bloch, et c'est CELLE-LA qu'il a fallu garder??!" (Ma thèse des Shadoks se confirme.)

Et puis, comme chaque année, j'ai pris une grande respiration et mon mal en patience, et j'ai tenté de toutes mes forces de faire rentrer un peu de fatalisme oriental dans mes veines. (Mon arrière-grand-père est né à Łódź, c'est l'endroit le plus oriental de toute ma généalogie.)

Et je suis allée faire mon inscription traditionnelle.

Où il faut aussi mon nouvel identifiant.

(On est pas sortis de la maison des fous.)

mercredi 8 septembre 2010

brève de bourgeoisie


L'autre jour, à la boutique, on a eu des bourgeois.

Je vous vois venir, "Oh Tindomerel fait dans la lutte des classes alors que son papa roule en BMW, c'est l'hôpital qui tire sur l'ambulance". Et puis bon, vous n'auriez pas tout à fait tort. C'est vrai que mes parents sont des hippies à tendance plus bobo que prolo (on lit Télérama) et que, pour trouver des ouvriers dans la famille, il faut remonter aux grands-parents (les miens hein, faut pas déconner non plus.)

(Les grands-parents des parents, de toute façon, ils ont pas eu le temps d'être ouvriers ni rien, ils sont tous morts, ils ont fait des enfants et hop ils sont morts. Y'a une moitié qui est morte à la guerre du côté français, et l'autre moitié qui est morte à la guerre du côté allemand, parce que c'était l'année d'après, quand on était allemands.)

(Et après on s'étonne que les touristes me complimentent sur mon français. Ils ont loupé une étape y'a cinquante-cinq ans, voilà tout.)

Bref.

Non, étant donné que j'ai été élevée dans l'opulence matérielle et éduquée avec la fine fleur des enfants de dentistes et notaires colmariens, j'essaye de ne pas appliquer le terme "bourgeois" à n'importe quelle personne qui met des H en milieu de mots et fait porter des jupes plissées à ses enfants. Mais là, quand même, c'était flagrant.

- Marie-Constance! Repose immédiatement cette boule à neige! Pierre-Xavier! Arrête de tirer les nattes de Marie-Adélaïde et remets ta raie bien droite!
- Maman, je peux avoir la cigogne en peluche?
- On t'en a déjà acheté une, Marie-Gersande.
- Mais-euh! Celle-ci elle est plus douce-euh!
- Bon ça suffit maintenant Marie-Gersande! Si tu ne cesses pas immédiatement de te comporter comme une fille de roturier, tu iras attendre dans la voiture avec Jean-Anatole!

(Je me demande encore ce qu'avait bien pu faire Jean-Anatole pour rester dans la voiture (peut-être qu'il avait dit qu'il en avait marre des Scouts)).

jeudi 2 septembre 2010

la perle du mois!

 (Vous perdez pas le Nord, les enfants.)

La perle du mois est revenue! Votez nombreux!


Le gagnant :

7) "T'es tellement une nouille que ce sera marqué sur ta tombe : ci-gît Cha, feu nouille." Professeur Flaxou



Les autres :


1) "J'ai dit dégage à moi-même...et j'ai dégagé!" Sarah

2) "En plus le mec il l'appelle Babe, j'suis désolée c'est un nom de cochon." Sarah

3) "Un cochon devenu berger, c'est comme... un renard qui travaille chez Poulaillon!" Sarah

4) "Je l'ai vu, ton père. On dirait toi avec une barbe." Sarah


5) "Tu pues, tu pètes, tu sens la mimolette." Flo


6) "Il était tout fou! Comme un...fou." Professeur Flaxou




8) - Alors t'as pas ramené un chameau de vos vacances en Egypte?
- Si... mais je l'ai maquillé en Sarah.


9) - Toi t'es pas belle!
- Mais je suis belle de l'intérieur!
- Oui. Mais il faut te dépecer pour voit l'intérieur.


10) - Sac à vin!
- Pourquoi tu me traites de sac à main?


11) - Depuis que je suis à l'armée, j'ai perdu deux tailles de pantalon. (Thomas)
- Cha il faut trop qu'elle s'inscrive!

12) - Ma soeur elle a un nom de fruit, pas moi.
- Si t'avais un nom de fruit, ce serait "châtaigne".


13) - Fais-moi une mèche blanche dans les cheveux et je me ferai appeler....
- Cruella.
- Non! La fille de X-Men qui a des cheveux blancs.
- Cruella!


14) - Si c'est comme ça je montre mes seins à Flo!
- Non Flo, ne regarde pas, tu n'en croirais pas tes yeux!...Eh oui, des fois, ça tombe.


15) - T'as renversé les pâtes! Jésus t'aime plus!
- Jésus il m'a jamais aimé. Sinon j'aurais une meilleure copine.


16) - Je connais qu'une seule Sarah qui ne soit pas une pétasse.
- Moi j'en connais aucune.