jeudi 28 juin 2012

Desperate Housewives ou l'amour vache

(Ces femmes ont la quarantaine, ou "Le plastique c'est fantastique".)


L'autre jour, j'ai regardé le tout dernier épisode de Desperate Housewives.

Et je me suis dit : j'ai gâché 1440 heures de ma vie à regarder cette daube.

Donc forcément, je me suis demandée pourquoi. Pourquoi? Pourquoi, alors que je trouve cette série parfaitement pourrie depuis des années, j'ai continué à la regarder pendant HUIT ANS, sans louper un seul des 180 épisodes?

(Même si, bon, vers la fin, je regardais plus vraiment. Je laissais tourner l'épisode pendant que je faisais la cuisine, le ménage, ou les sudokus du Monde, et de temps en temps je levais la tête et je criais "Mais on s'en branle de ta vie Lynette!")

Alors, pourquoi? Qu'est-ce qui m'a poussé à regarder cette série jusqu'au bout, quand à chaque épisode j'étais un peu plus énervée contre les scénaristes, les actrices, les producteurs, et surtout contre moi-même pour être toujours en train de regarder cette série qui m'énerve? (C'est un cercle vicieux.)

D'ailleurs, pourquoi j'ai commencé à la regarder, cette série, d'abord?

Quand on a commencé à en parler en France, c'était en 2005, j'avais seize ans. Pourquoi est-ce que j'ai eu envie de regarder une série parlant de femmes au foyer dans des ghettos de riches en Californie?

(Oui, j'imagine que c'est en Californie, vu que les arbres sont verts toute l'année et que tout le monde se balade toujours en T-Shirt (sauf les gens tristes, c'est très important. Les gens tristes doivent mettre des manches longues et des gilets à mailles, pour qu'on puisse bien identifier leur tristesse. Tant pis s'ils transpirent, ils avaient qu'à être meilleurs acteurs et on n'en serait pas là))

("Oh je suis Gaby, je suis jolie même quand je pleure". Connasse.)

Et là, j'ai commencé à me rappeler des premiers épisodes. Et en fait, si j'ai commencé à regarder cette série, c'est parce que, au début, elle était bien!

Oui, OK, y'avait déjà des trucs très téléphonés (la mère junkie qui vend son bébé et renvient ensuite quand elle est sobre pour le reprendre, j'avais encore jamais vu ça nulle part, dis donc), mais tout de même, le niveau général de la première saison est bon. Les actrices se sont pas fait encore immerger dans du Botox, donc elles sont encore capables d'avoir des expressions faciales.

(oui, Susan, c'est à toi que je parle. Sérieusement, regarde-toi dans un miroir, tu fais presque aussi peur que Courteney Cox).

 (Je... ne peux pas... sourire.... trop...tirée...)

Les histoires sont pas trop tirées par les cheveux (à part l'histoire de Mary Alice et Paul et de la mère junkie sus-mentionnée qu'on tue et qu'on enterre au fond de la piscine). Mais dans l'ensemble, ça reste crédible. Et, surtout, c'était la première série à écailler le vernis des parfaits banlieusards, avec leurs jardins impeccables et leurs rallyes républicains. Le père de famille qui aime le SM, la femme-trophée qui trompe son mari sans aucun scrupule... C'était finalement assez subversif, comme image.

Seulement, à partir de la saison 2, c'est devenu du n'imp.

Le problème, c'est que quand une série qu'on aime devient du n'imp, on ne s'en aperçoit souvent pas tout de suite.

Déjà parce qu'on est subjectif, vu qu'on aime la série, on est attaché aux personnages, on a envie de voir ce qu'il leur arrive même si on admet que la série "s'est un peu essoufflée", euphémisme s'il en est, parce que si on voulait ouvrir les yeux, on se rendrait compte que ça pue déjà le pourri. (J'en suis à ce stade avec How I Met Your Mother, en ce moment).

Aussi, et souvent, on ne se rend pas compte du n'imp parce qu'il s'installe par petites touches, et que le décalage normal/what the fuck se fait de manière relativement subtile, sur une ou deux saisons.

(A l'exception de Heroes, qui est parti en totale roue libre de manière complètement anarchique. "Alors là on dirait que le sang de Claire peut guérir tout le monde, même les gens morts! Fuck les huit millions de contradictions scientifiques qui s'élèvent à l'écoute de cet énoncé!")

(Et je ne parle pas du côté "sang magique". Même en admettant cette histoire, et en admettant que Claire est de type O négatif, ça reste complètement ridicule.)

Ce moment où on commence à voir le n'imp, tu le connais. C'est le moment où tu vois que ça commence à partir en couille et que ça devient trop gros pour pouvoir l'ignorer. Alors, comme à la fin d'une relation amoureuse, tu t'accroches. Tu fermes les yeux sur les plus grosses ficelles scénaristiques, tu trouves des excuses ("Mais le scénariste a peut-être du mal à dormir ces derniers temps, et puis c'est la crise, c'est facile pour personne"), et tu t'accroches avec l'énergie du désespoir à chaque épisode un peu moins médiocre que les autres.

("Je trouve que ce dernier épisode a vraiment relevé le niveau de la saison!" Ca te dit quelque chose? Ouais, bienvenue au club.)

En fait, tu sais déjà que c'est foutu, mais tu veux encore te battre, tu veux encore y croire. ("Cette saison était vraiment pas terrible, mais je suis sûre que la prochaine sera mieux!" Oh, pauvre enfant.)

Bon, faut dire aussi que les scénaristes ne nous rendent pas la rupture plus facile. Ils concentrent les dernières miettes d'idées qu'ils ont pour le dernier épisode de la saison, ils te façonnent des intrigues impossibles mais qui mettent les héros en danger alors tu DOIS savoir la suite....

C'est comme ça que je me suis retrouvée à regarder huit saisons de Desperate Housewives, alors que j'avais commencé à plus aimer ça à la troisième. Ces putains de cliffhangers de fin de saison m'ont forcé à recommencer à chaque septembre en essayant vainement d'expliquer à un Flaxou hilare :

- Nan mais je regarde juste le premier épisode pour savoir si la tornade a tué les enfants de Lynette. Ensuite j'arrête, hein.

C'est pathétique. J'avais l'impression d'être une de ces filles qui sort avec un connard et qui essaye de justifier à ses copines pourquoi elle ne le quitte pas, et qui se rend compte que toutes les raisons qu'elle donne sont pourries ("Mais si je le quitte, peut-être que je trouverai personne d'autre", "Mais si je le quitte, ça va scinder en deux notre groupe d'amis", "Mais il ronfle pas, c'est quand même difficile à trouver un mec qui ronfle pas, hein") mais, quand  même, elle le quitte pas.

Et là, tu te dis :

- Nan mais t'exagères hein, c'est pas si mauvais, Desperate Housewives, faut pas déconner.

Et là, je rigole! Mais c'est ce qu'ils essayent de te faire croire, jeune ingénue! (Oui, je mets du féminin, parce que les seuls mecs que je connais qui regardent Desperate Housewives, c'est sous la torture.) C'est comme les hommes politiques ! Ils font tellement de trucs en une seule saison que t'en oublies la moitié, et ça passe!

Petit flash-back des moments les plus What the Fuck de Desperate Housewives :

(ATTENTION : Si tu n'as pas regardé la série dans son intégralité, y'a plein de spoilers ci-dessous. Et des gros.)

Saison 2 : Tu te souviens des Applewhite? Les voisins black (oui, les seuls de la série) dont c'était le tour d'emménager avec un lourd secret? Ils avaient un fils handicapé mental qui avait tué une fille sans faire exprès, et au lieu d'aller se rendre à la police et de le faire interner quelques années dans un hôpital psychiatrique (parce que, non, on n'envoie pas en prison des gens handicapés pour un crime qu'ils n'ont pas eu conscience de commettre, c'est quand même assez logique), ils l'ENCHAINENT DANS UNE CAVE parce que "mon bébé est trop fragile pour l'hôpital psychiatrique, ça le détruirait".  

Ah oui, dis donc, c'est vachement mieux pour lui de se faire séquestrer dans une cave par sa propre famille, ça va pas du tout lui laisser des séquelles, dis donc. 

Toujours saison 2 : Tu te souviens que Carlos avait trompé Gaby avec la chinoise qu'ils avaient sauvés de chez leur voisine qui faisait de l'esclavage dans sa cave (encore une cave!) et qu'ils avaient payé pour être la mère porteuse de leur bébé? (et accessoirement leur bonne à tout faire, ce qui la changeait pas vraiment de la cave de la voisine). Eh ben, apparemment, les scénaristes non plus ne s'en souviennent pas, vu que, par la suite, Carlos fait référence à la tromperie de Gaby moult et moult fois, mais qu'il ne lui vient jamais à l'idée de cette dernière de rétorquer "Eh tu m'as trompée aussi, connard, fais pas ta figure christique".

Saison 3 : Tu te souviens que Orson a renversé Mike avec sa voiture et l'a plongé dans le coma pendant 6 mois? Ben, apparemment, Mike non plus (bien que Orson lui ait tout avoué), puisqu'ensuite, ils sont potes jusqu'à la fin de la série, et sont même dans un groupe de rock ensemble!

- Super, ton riff de guitare, Mike! Je suis content de voir que tu n'as pas trop de séquelles de la fois où je t'ai volontairement roulé dessus avec ma voiture dans le but de te tuer!
- Ha ha, mais c'est oublié tout ça, mon vieux Orson! Hu hu. T'as compris? Oublié? Parce que j'étais amnésique pendant une saison après mon coma?
- Ha ce Mike, quel blagueur!
- Tiens, prends donc une bière, on va regarder le match de foot.

Et alors, la saison 4, mais c'est un régal, mes petits amis, parce que c'est l'année maudite de la grève des scénaristes (souviens-toi, ça a mené à des épisodes merdiques même dans les bonnes séries), ce qui mène à la saison la plus n'imp de toute l'histoire des séries télévisées au monde. (Non, je n'exagère pas, je pense vraiment qu'ils ont fait écrire le scénario des derniers épisodes à des singes en moufles. Ou à Stephenie Meyer.)

On a donc une tornade qui s'abat sur Wisteria Lane et tue Victor, le mari de Gaby.

(Au passage, la tornade en profite pour rendre Carlos aveugle (pathos gratuit! Prenez-en des pleines poignées!) Ils ont d'ailleurs fait exactement le même coup plus tard, dans la série, pendant l'accident d'avion où Orson est paralysé. Par contre, comme deux handicapés dans une série ça fait beaucoup trop, Carlos retrouve la vue miraculeusement, parce que les docteurs disent "Votre cécité est due à un caillot dans votre cerveau, on peut l'enlever et vous retrouverez la vue en 24 heures". Ah ouais, et il vous a fallu sept ans pour capter ça? Vous êtes doués dis donc).

On en profite donc pour refaire une énième fois le coup du "personnage encombrant dont on ne sait pas comment se débarrasser, tiens si on le tuait dans un accident" : c'est super pratique !  

C'est comme ça qu'ils ont déjà tué l'ex-femme d'Orson (tombée du toit) et la mère de Kayla, la fille illégitime de Tom (fusillée dans un supermarché pendant une prise d'otages). C'est aussi comme ça qu'ils vont tuer Karl, l'ex-mari de Susan (l'accident d'avion, quoi. Sérieusement, cette rue, c'est le Triangle des Bermudes) et Edie qui se fait électrocuter après un accident de voiture. Dis donc, ils sont maladroits, les gens, dans ce quartier, c'est pas possible.

Au fait, tu te souviens de Kayla, la fille illégitime de Tom, qui était un mini-génie du mal? Ben les scénaristes non plus : elle est emmenée chez ses grands-parents et Tom ne la voit plus jamais. Euh, excuse-moi, c'est pas un peu violent comme réaction? C'est ta fille, quand même!

- Papa, je sais que j'ai raconté à la police que j'étais battue, mais c'était seulement pour attirer l'attention sur le fait que ta femme me déteste ouvertement et me traite comme une merde depuis que je suis arrivée chez vous.
- Non, je pense que c'est toi la psychopathe même si tu as dix ans et demi. Je vais écouter les conseils de ma femme et t'écarter de ma vie à jamais.

Et puis, surtout, il y a le lourd secret de Katherine, qui est révélé à la fin de la saison 4 (heureusement raccourcie, mais apparemment pas suffisamment), et j'ai carrément ri en regardant ce truc tellement ça n'avait aucun sens :

Alors Katherine habitait à Wisteria Lane, mais elle est partie précipitamment une nuit et n'a plus donné signe de vie pendant 10 ans. Elle revient avec un nouveau mari et sa fille ado, et c'est le moment où il y a des doutes et des suspicions et où les Desperate Housewives rentrent dans sa maison et fouillent ses affaires pour connaître ses secrets avant de les raconter à tout le monde, parce que ça a l'air d'être une attitude normale dans ce quartier de malades mentaux.  

Et là, Katherine raconte ce qui a précipité son départ : attention, c'est du lourd.

Donc son ex-mari la battait et elle s'est enfuie à Wisteria Lane pour se cacher de lui, mais il a retrouvé leur trace et offre une poupée à sa fille. Katherine est énervée, elle cache la poupée. La gamine veut la retrouver, une armoire lui tombe dessus, elle meurt. Et là, au lieu d'appeler les secours, elle va ENTERRER SA FILLE DANS LA FORET comme un chien. Pourquoi? Parce que sinon, l'ex-mari pourrait l'attaquer en justice en disant que c'est une mauvaise mère. (Et alors? Ça va faire quoi? De toute façon elle est morte.)

Et là, Katherine va dans un orphelinat en Roumanie et adopte une orpheline Roumaine qui ressemble à sa fille morte comme deux gouttes d'eau.

QUOI??? MAIS QUOI??!

 (La réaction de la terre entière à ce scénario)

Alors d'abord, il faudra qu'on m'explique comment elle a trouvé l'orpheline qui ressemble à sa fille morte. Est-ce qu'elle a passé une petite annonce dans les journaux "cherche orpheline qui ressemble trait pour trait à la fille que j'ai enterré dans la forêt"? Est-ce qu'il existe un réseau d'orphelinats qui trouvent des sosies de tous les enfants du monde au cas où ils mourraient par accident? Ou bien est-ce que c'est juste parce qu'elle s'est dit :

- Bon sang, mais c'est bien sûr! Je vais aller subitement en Roumanie et écumer tous les orphelinats pour trouver une gamine qui ressemble à la mienne.

(Et pourquoi la Roumanie, d'abord? Ça aurait pas été plus facile d'aller dans un pays en dictature, genre la Biélorussie, ou bien Cuba?)

Je passe sur le fait que l'adoption se soit apparemment faite en deux heures (on peut supposer qu'elle a acheté l'enfant, même si ça me semble un peu léger) pour arriver à la question que tout le monde se pose : Katherine a adopté une gamine de 6 ans. Comment ça se fait qu'elle n'ait aucun souvenir de sa vie en Roumanie, ou de son adoption? Et surtout, comment est-ce que Katherine a réussi à faire passer cette gamine pour sa fille auprès de ses proches, alors qu'elle ne parlait probablement pas un mot d'anglais?

- Salut Katherine! Ca fait longtemps qu'on s'est pas vues!
- Ah, salut Laura! Oui, j'étais en vacances en Europe avec ma fille, c'était génial.
- Oooh mais voilà la petite Dylan! Comment ça va?
- Jé vais bien, merci. Jé souis Dylan, ha ha. Jé nettoie votre pare-brise? Vous voulez oune rose? Un euro!
- Dis donc, elle est bizarre, ta fille, Katherine.

(Oui, ce passage aurait pu être dans la série. Ils en sont plus à un préjugé raciste près.)

Parlant de clichés, battez tambours, voici l'arrivée du premier couple gay à Wisteria Lane (mais il n'y a toujours pas de noirs depuis que les Applewhite psychopathes sont partis dans la saison 2). Là, j'avoue, y'a eu un effort, on n'a droit qu'à une moitié de cliché, puisque seul l'un des mecs du couple est une grande folle (qui aime les comédies musicales, la mode, les potins de stars, sortir en boîte, et appelle les filles "girlfriend")


(C'est un peu ce que j'ai ressenti quand on m'a présenté le personnage de Lee.)

Il y a aussi le moment où la série s'enlise dans le conservatisme le plus pesant, c.f. la grossesse non désirée de Lynette, qui va chouiner sur son sort jusqu'à plus soif, mais où on ne va jamais au grand jamais parler d'avortement, parce que, oh là là, vous êtes fous, on est des gens respectables quand même, c'est une série grand public ici.

  

 (La police des moeurs est choquée : quelqu'un a dit "contraception")

Donc au lieu de faire avorter Lynette, à la place, elle va juste rester à pleurer pendant des mois jusqu'à ce qu'un de ses jumeaux meure dans son ventre (à cause de, je te le donne dans le mille, l'accident d'avion!), et que, bizarrement, ça résolve tous ses problèmes!

- Ah, ouf, un enfant c'est bon, j'en voulais juste pas deux. Maintenant le bébé mort va rester flotter dans mon ventre jusqu'à l'accouchement, et mon nouveau-né va sortir avec un cadavre de foetus accroché à son petit corps, mais ça ne m'angoisse pas du tout, tralala la vie est belle.

En parlant de morale, notons que ça va en s'empirant au fil des saisons, puisqu'on passe d'une série qui voulait passer au vitriol l'hypocrisie ambiante des banlieues américaines à un monde de gros bisounours où tout le monde s'aime et où le voisin devient l'être ultime dans ton cœur.

- Il faut trouver un donneur pour Susan, ou elle va mourir. Je sais! On va demander à tout le quartier de se faire tester pour vois s'ils sont compatibles.

Et là, c'est le scandale.

- Christine! Tu es compatible et tu n'as rien dit?
- Oui, mais, c'est-à-dire qu'on m'a jamais vue dans la série avant. Je suis pas une amie de Susan, je suis juste quelqu'un qui vit à côté de chez elle et qui va de temps en temps sonner à sa porte pour lui demander d'arrêter d'arroser mon gazon avec son arroseur automatique. Donc je vois pas trop pourquoi j'irai risquer une invalidité grave pour le restant de ma vie pour une meuf que je connais à peine.
- Mais enfin! C'est ta VOISINE!
*honte et jugement*

Et c'est la réponse à tout, dans cette série!

- Mais enfin Bree, pourquoi veux-tu aider cette femme à dissimuler un meurtre, alors que tu pourrais aller en prison pour complicité?
- Parce que c'est mon amie. Et c'est plus que mon amie... c'est ma VOISINE.

Y'a des scènes, je te jure, je m'attendais à voir cette communauté de cinglés allumer les torches et brandir des fourches.

- Tu n'es plus la bienvenue dans ce quartier, Edie.
- Mais je... je suis l'élément comique de la série!
- Plus maintenant, Edie. On a toutes autant de Botox sur la tronche que toi, maintenant. Tu ne nous es plus d'aucune utilité.
- Mais... je pensais qu'on était amies! Je suis juste sortie avec Mike et j'ai failli faire un enfant avec Carlos, je vois pas pourquoi vous me détestez!
- Tu n'es pas une bonne VOISINE.


(règlement de comptes à OK Corral)

Et donc Edie quitte le quartier parce que les grosses psychopathes de Wisteria Lane lui servent une bonne vieille séance d'intimidation digne de la mafia russe. On nage dans le surréalisme. (Perso, si mes voisines me détestaient à ce point, je resterais rien que pour les faire chier. Et puis j'attendrais qu'il y en ait une qui vienne me faire des menaces et ensuite je l'attaquerais en justice, parce que c'est les Etats-Unis, merde!)

On a aussi la morale bien moisie de "les enfants c'est la plus belle chose au monde et si tu penses différemment je vais te fourrer un parpaing dans la gorge jusqu'à ce que tu acceptes mon opinion". Saluez le travail de Susan.

- Julie, tu es enceinte, c'est formidable!
- Non, maman, c'était une erreur d'un soir, je ne veux pas d'enfant pour le moment, je ne me sens pas prête. J'ai 25 ans et je ne suis pas une gamine, j'ai longuement réfléchi sur les possibilités qui se présentaient à moi, et je vais le faire adopter.
- OK, dans ce cas-là je vais te faire culpabiliser continuellement jusqu'à ce que tu sois tellement bouffie de honte et de remords que tu décides de le garder.

Et ça marche. (Je te jure que j'avais envie de pleurer dans cet épisode. Comment faire reculer l'émancipation de la femme d'un-demi siècle.)

Ah, mais y'a un personnage dont j'ai oublié de parler dans cette série! Le flic, bien sûr!

Ben oui, huit morts par saison dans la même rue, forcément, y'a des flics. Mais alors, les flics de Wisteria Lane, c'est Dupont et Dupond. Déjà, au bout de plein de morts impliquant les mêmes personnes, aucun flic ne décide de faire une enquête poussée :

- Bonjour Mme Van de Kamp. Alors comme ça quelqu'un est mort chez vous?
- Oui, pourquoi, il y a un problème?
- Non non, pas du tout. C'est juste que votre premier mari est mort empoisonné, la mère de votre second mari a eu une crise cardiaque le même soir où son ex-femme se jetait du toit de votre maison, et votre voiture a mystérieusement disparu le soir où la mère de votre voisin est morte renversée par un véhicule inconnu.
- Et?
- Non rien, je trouve ça parfaitement normal. Allez, à plus!

Et au moment où il y a une enquête sur Bree (mais pour un crime qu'elle n'a pas commis, c'est ballot, elle en avait plein en stock pourtant), le flic fait le truc le plus con du monde, que seuls les flics de série télé peuvent faire :

- On a ses empreintes sur le cadavre. On la tient!
- Non, je pense qu'il faut attendre encore.
- Pourquoi?
- Je veux plus de preuves. Je veux être sûr que cette connasse ne puisse pas s'échapper.
- En lui donnant plus de temps pour camoufler ses preuves et éventuellement fuir le pays?
- Exactement!
- Ça me semble logique, faisons ça.

Et je passerai sur l'intelligence des tribunaux de Wisteria Lane :

- C'est moi qui ai tué le beau-père de Gaby!
- Mais vous êtes une vieille dame atteinte d'un cancer en phase terminale qui peut à peine tenir debout, et il a été tué par un coup à la tête avec un chandelier!
- Adrénaline. J'ai senti que mon amie était en danger et j'ai eu un brusque regain de forces.

(Si si, c'est VRAIMENT ce qui est dit dans la série.)

Seulement, au lieu de dire :

- Dites donc, vous vous foutez pas un peu de notre gueule? Vous êtes même pas assez grande pour atteindre sa tête! Et puis, comme par hasard, la vieille dame en phase terminale vient raconter que c'est de sa faute alors qu'elle n'est aucunement liée au meurtre. De l'autre côté, on a les empreintes de Bree sur le cadavre, et Carlos, le robuste mari de Gaby, avec un casier judiciaire long comme le bras. Hmmmm, je me demande qui on va croire.

A la place, ils font :

- Ah, l'adrénaline! J'y avais pas pensé, dis donc. OK, affaire classée pour tout le monde! Maintenant que la vieille en phase terminale s'est dénoncée, on va oublier toutes les autres preuves qu'on accumulait depuis le début de la saison!

C'était la fin parfaite à une série absolument n'imp.

Et je me suis dit : j'ai gâché 1440 heures de ma vie à regarder cette daube.

Et j'ai quand même pleuré quand Mike est mort.

3 commentaires:

  1. Ah Desperate Houewives ! J'ai jamais vraiment suivi, je regarde juste de temps en temps quand je tombe dessus et j'avoue que parfois c'est un peu tiré par les cheveux.

    Par contre ça me fait pareil avec How I Met Your Mother. J'en suis au stade ou je commence à détester la série tellement c'est devenu n'importe quoi et pourtant j'arrive pas à arrêter de regarder (et c'est pas faute d'avoir essayer)

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  2. En vrai j'adore DH mais je suis d'accord avec ce que tu dis, même si j'aime ça. Et bref, j'ai trop ri de ton article.
    Et c'est vrai que j'étais fort déçue du dernier épisode, de cette audience complètement bâclée. A part ça le nimp ne me dérange pas, le WTF ça me connait.

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  3. HAN PUTAIN !! j'ai rien vu de la saison 8, mais j'ai eu déjà plein de spoilers (Julie, Lynette/Tom...) donc jusque là je me suis dit "vas-y, ranafout', je lis, je suis une warrior du spoiler, j'ai vu les 7 autres saisons, tout va bien... Mais là, putain, ta dernière phrase m'a tueR ! Je vais pas m'en remettre. Adieu.

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