dimanche 10 novembre 2013

Le foot, mon poids, la piscine et moi

Et donc je suis au régime.

Tout a commencé quand je me suis tordu le genou en jouant au bumper football dans le parc d'Auckland.


Le bumper football, c'est une invention Kiwie basée sur le Zorb (aussi une invention Kiwie) qui consiste en théorie à jouer au foot dans une bulle de plastique géante.






(Comme ceci.)

Mais qui, dans la pratique, se résume évidemment à se foncer dessus le plus fort possible et à rebondir partout en rigolant.





(Comme ceci.)

Or donc, je me serais bien amusée comme mes amis sur les photos ci-dessus, si j'avais pas été mariée à un gros Berserker idiot qui m'a fait un tacle vicieux par derrière et m'a retourné le genou.

(Dans une autre vie, Professeur Flaxou était un boss de la mafia New-Yorkaise. C'est la seule explication valable à son amour pour péter les genoux de ses proches.)


(Ou alors c’était un acte manqué.)


(Qu'est-ce que ce sera le jour où il réussira?)


Bref. Du coup je suis rentrée à la maison en clopinant, avec le genou un peu enflé. Et comme le lendemain ça n'allait pas mieux, je suis allée à la clinique du coin pour vérifier que tout allait bien.


(Ma mère a mal pris soin de son genou après une blessure qu'elle s'est faite à l'âge de 26 ans, maintenant elle en a 58 et elle va avoir besoin d'une prothèse, alors du coup ça me rend un peu parano des articulations.)


(Et maintenant que j'y pense, c’était à cause de mon père, cette blessure!)


(Oh putain c'est une malédiction familiale.)


Bref. Cet article c'est pas pour te raconter la vie trépidante de mon genou (de toute façon il va très bien en fin de compte, fallait juste attendre que le liquide synovial se résorbe  et maintenant je gambade comme un cabri) (mais c’était pas pour du beurre cette visite chez le médecin  on m'a donné la plus énorme boîte de Paracétamol de l'univers, alors ce fut lucratif) (CENT comprimés! CENT! J'aurai plus jamais besoin d'acheter du Doliprane de toute ma vie!).


Non, là où j'ai eu vraiment mal ce jour-la, c’était pas au genou. C’était quand l’infirmière m'a fait monter sur la balance.

(POURQUOI est-ce que les médecins en Nouvelle-Zélande ne peuvent pas te voir sans prendre systématiquement ton poids et ta tension? En France on s'amuse pas a faire ça pour chaque consultation, que je sache!)


Et la, la balance a affiché le chiffre maudit que j’espérais sincèrement ne jamais atteindre dans ma vie : Soixante-dix.


Soixante-dix!


(Pour mes lecteurs Belges et Suisses : si vous avez du mal a comprendre l’étendue de mon désespoir  je vous traduis : SEPTANTE!)


(Ah oui je sais, ça fait peur.)


En plus j'avais pas mes excuses habituelles de "la balance rajoute du poids, je viens de manger" ou "faut enlever au moins trois kilos de vêtements" (avoue, tu les utilise aussi), parce que j'avais pas encore mangé mon petit déjeuner et j’étais en short et en tongs.


Ajoute à ça le fait que je rentre en Alsace pour Noël et que tu peux être sûr que toute ma famille va me gaver comme une oie parce que chez nous c'est comme ça qu'on exprime notre amour et qu'en plus c'est Noël alors double famille, double amour et double bouffe, et ça te donne une idée de l'urgence de la situation.

Donc j'ai décidé de me mettre au régime.


Enfin, plus exactement, j'ai décidé que Professeur Flaxou me mettrait au régime, parce que j'ai la volonté d'un mollusque cuit à la vapeur et que si je m’écoutais  je mangerais des crudités à la vapeur pendant deux jours, et puis je me récompenserais avec un Burger King.


Alors que Professeur Flaxou, il s'en carre comme de sa première chaussette du poids que je fais, mais si je lui demande de me coacher, il me coache. Peut-être même un peu trop.


(Il a caché le chocolat pour pas que j'aille pas picorer dedans quand il est pas là pour surveiller. Merci la confiance.)


Donc y'a plus que des légumes dans le frigo et j'ai pas le droit de les faire frire dans du beurre (mais c'est comme ça que j'ai fait toute ma vie!) (oui, toute ma famille a du cholestérol, mais j'vois pas le rapport, tu m'excuses c'est moi qui raconte l'histoire okay?). 

Et il a aussi décidé de faire d'une pierre deux coups et de commencer son grand projet avec moi.

Le grand projet de Professeur Flaxou, c'est de m'emmener faire de la plongée sous-marine. Et c'est un grand projet pour la bonne et simple raison que 1) je sais pas nager 2) j'ai la phobie des fonds sous-marins 3) j'ai la trouille des poissons, des méduses, et globalement de tout ce qui vit dans l'eau (je leur fais pas confiance. Pourquoi ils vivent dans l'eau alors que c'est la chose la plus horrible du monde? C'est louche, moi je te dis. Ils ont des trucs pas nets à cacher.)

(En plus les gens quand ils apprennent que j'ai peur des poissons, ils rigolent. "Mais ils vont pas te faire de mal", ah ouais Jean-Jacques mais qu'est-ce que t'en sais, t'es biologiste marin peut-être? Ecoute mon bonhomme, les poissons, l'eau c'est leur élément, si ils veulent ils me démontent.)

(En plus tu peux pas mettre des coups de pieds sous l'eau parce que ça fait pas mal à cause de cette pute de physique qui fait n'importe quoi juste parce qu'on est pas sur le plancher des vaches, bravo, merci, je vois qu'on peut compter sur personne).

Donc, à la base, Professeur Flaxou ne part pas gagnant. (J'ai des crises de panique q
uand je regarde des gens qui font de la plongée à la TÉLÉ, alors tu t'imagines un peu.)

D'aucuns auraient laissé tomber l'affaire (ou m'auraient laissé tomber moi), mais Professeur Flaxou a besoin d'avoir des objectifs dans la vie, et il a décidé que de me faire faire de la plongée ce serait son objectif.

(Trouver un boulot ce serait bien aussi, m'enfin c'est juste une suggestion.)

Et donc Professeur Flaxou a décrété qu'à partir de maintenant on irait à la piscine toutes les semaines parce que pour perdre du poids il faut faire du sport et la natation c'est le seul sport où tu fais travailler tout ton corps d'un coup, et puis on est en 2013 et c'est pas normal que je sache pas nager il ne va pas tolérer ça plus longtemps nom d'un petit bonhomme on vit quand même sur une île bordel de dieu.

(Bon, en vrai je sais nager un peu. Genre, si tu me jettes dans une piscine, je coule pas au fond. Mais apparemment, pour Professeur Flaxou-j'ai-fait-quinze-ans-de-natation-en-club-et-j'ai-passé-tous-mes-étés-sur-un-bateau, c'est, je cite, "inconcevable de ne pas savoir faire le dos crawlé".)

Donc je suis au régime depuis deux semaines. 

(Mais j'ai pas encore commencé la piscine parce qu'il fait froid et déjà que je déteste aller dans l'eau, tu vas pas en plus me faire aller dans l'eau quand il fait moins de 25 degrés dehors.)

(En plus mon seul maillot de bain c'est un bikini et dans l'état actuel de mon corps "déesse de la fertilité au paléolithique", c'est simplement IMPOSSIBLE.)

Mais bon ça se passe pas trop mal, j'ai déjà perdu 4 kilos sur les 10 prévus (j'ai pas en tête de devenir une bonasse non plus, juste de repasser dans la catégorie "poids normal" sur ma courbe d'IMC, parce que là je suis dans le rectangle orange foncé et j'aime pas ça) (et si je pouvais en plus m'arranger pour laisser un peu de marge au Noël Alsacien qui m'attend, ce serait carrément tip top).

J'ai aussi redécouvert des sensations étranges, comme LA FAIM.

C'est pas seulement le fait que je me rappelle de ce que ça fait d'avoir faim (je crois que ça m'était plus arrivé depuis le lycée (si si, sérieusement)). Non, le problème, c'est que maintenant, j'ai faim TOUT. LE. TEMPS.

J'ai faim en me levant. J'ai faim au boulot. Après avoir mangé je suis tranquille une ou deux heures, et puis j'ai de nouveau faim.

(Là par exemple, je suis en train d'écrire, j'ai faim.)

Bon, en réalité, c'est plutôt une envie de manger qu'une vraie faim. (Ah oui, j'ai aussi redécouvert la joie d'avoir un estomac qui gargouille dans les lieux publics comme une baleine en rut.) (Sexytude.)

(Pareil, ça faisait des années que j'avais pas entendu de borborygmes dans mon bidou.) (Il était toujours plein et satisfait.)

Donc j'ai un peu de mal à m'habituer au fait de plus manger entre les repas, et à manger des plus petites portions, et à avoir dit adieu au Burger King (pourquoiiiiii) et à la ginger beer (je meuuuuuurs), et à lire tous les emballages pour voir les calories dessus (en plus ici tout est en kilojoules, bonjour l'effort intense de mathématiques à fournir, j'ai envie de me suicider).

Mais je suis quand même bien contente quand je monte tous les matins sur la balance et que je vois que ça descend doucement mais sûrement.

Tellement contente que, l'autre soir, j'ai commandé des pizzas pour me récompenser.

- Allez coach, juste une petite pizza!
- Non, on avait dit non!
- Promis, je ferai plein de vélo après pour compenser.
- Non. Avec autant de calories qu'une pizza, je ne vois qu'un seul sport qui pourrait compenser...
- Ne dis pas "faire l'amour".
- Faire l'amour.
- ....
- Mais je veux bien me dévouer.
- .....
- Si ça peut t'aider.

Quelque chose me dit que Professeur Flaxou avait un autre genre de plan à long terme en tête quand il a accepté de me coacher.

- Par contre, faut que tu sois au-dessus tout le temps, sinon les calories brûlent pas bien.
- Oh tiens donc, comme ça s'arrange bien avec tes préférences.
- Ah je fais pas ça pour moi ma chérie, je fais ça pour toi! C'est toi qui veut perdre du poids.
.....
- Tu savais que le sperme humain avait des vertus amincissantes?
- AH ECOUTE CA SUFFIT MAINTENANT!
- Ben quoi? 

Finalement, je pense que je vais peut-être aller voir un nutritionniste.

lundi 4 novembre 2013

Les joies du service client


A mon boulot, je m'occupe beaucoup des relations clients-fournisseurs.

(Mes clients sont des gens qui veulent commander du traiteur, et mes fournisseurs sont des traiteurs.)

La plupart du temps, ça se passe bien. Les clients sont sympas, compréhensifs, joignables et aimables.

Mais des fois, je tombe sur des gens comme Christiane.

Et donc, l'autre jour, Christiane veut passer une commande en Grèce. Elle m'envoie un mail avec sa commande et me dit qu'elle veut que tout soit préparé par le restaurant "La Branche d'Olivier". Sauf que c'est pas un fournisseur qu'on a dans notre réseau.

Donc, en attendant que Christiane réponde à mon mail "avez-vous des infos sur ce fournisseur vu qu'il est pas dans le réseau?", je cherche des infos sur le fournisseur, je trouve le site internet du restau, je chope leur adresse email et leur numéro de téléphone, je les appelle pour voir s'ils peuvent préparer toute la commande, je créé leur profil dans notre système, je leur envoie la commande, j'arrange les détails du paiement, j'organise la livraison, bon.

Et là, cinq heures plus tard, je reçois un mail de Christiane :

"Bonjour! Voici le numéro de téléphone pour le manager du restaurant "L'Olivier Doré"."

Et là. Je me dis : non.

Non.


Cette meuf ne peut pas être assez abyssalement stupide pour me demander explicitement de commander à bouffer chez un restau qui s'appelle "La Branche d'Olivier" alors qu'en fait elle voulait commander d'un restaurant qui n'a absolument rien à voir avec le restaurant sus-mentionné, si ce n'est le fait qu'ils aient UN MOT en commun?

Donc, histoire d'être sûre, j'appelle Christiane au téléphone:

- Alors par rapport à votre mail, est-ce que vous pouvez clarifier : vous souhaitez passer commande avec le restaurant "la Branche d'Olivier" ou bien avec le restaurant "L'Olivier Doré"?
- Oui, c'est ça.

(VÉRIDIQUE.)

- Non, mais : avec lequel des deux?
- Comment, lequel? Mais y'en a qu'un! Je vous l'ai dit dans le mail, ça fait cinq heures que je vous l'ai envoyé!

(Oh putain je sens qu'on est mal barrés.)

- Non, mais dans votre mail initial, vous avez mentionné "La Branche d'Olivier". C'est un autre restaurant, il n'a rien à voir avec "L'Olivier Doré".
- Ah bon? Non non mais moi je veux commander avec celui-ci!

(Ce qui veut dire que, par la faute de cette petite confusion, je dois annuler toute une commande que j'ai mis quatre heures à finaliser. Super.)

- Nnnngmm bien madame, aucun problème, ce sera fait, je m'y mets de suite.

- Attendez, mais là vous m'inquiétez. Vous avez pas encore passé ma commande? Parce que c'est pour demain alors bon, je voudrais bien que ça soit fait rapidement.

(Reste calme. Pense à des lapins. Pense à des chatons.)

- Aucune crainte madame, on s'en occupe de suite, il y a eu une petite confusion quant au fournisseur de votre choix, mais...
- Mais enfin, quelle confusion? Je ne comprends pas, je vous ai tout envoyé il a des heures, c’était pourtant clair!

(Respire. Pense à des loutres naines. Pense à des bébés pandas qui glissent sur des toboggans.)

- Fffffff oui alors il y a eu une petite erreur d’interprétation de notre part, mais ce sera très vite réglé....
- Nan parce que bon, sinon je passe commande moi-même, hein. Si vous arrivez pas à vous en occuper à temps.



Ce que j'avais envie de répondre :

- Espèce de molle du bulbe, franchement j’espère que tu te mettras à passer tes commandes toi-même, parce que là je bosse et je joue pas à Pyramide, et j'en ai plein le cul de devoir traiter tes e-mails comme des énigmes du Professeur Layton, ci-mer.

Ce que j'ai répondu :

- Non non, aucun souci madame, nous allons tout arranger, désolée du contretemps.

(A ce stade, je faisais la position du lotus sur ma chaise à roulettes.)

Et là, la meuf me répond:

- Moui, d'accord. Enfin dépêchez-vous quand même hein, moi si je vous paye c'est pas pour que ça traîne comme ça.



Heureusement que je suis pas payée à la commission.

vendredi 1 novembre 2013

Cendrillon pour ses vingt ans, a même pas de carrosse blanc


Aujourd’hui, dans ma grande tradition« détruisons notre enfance », je voudrais te parler de Cendrillon.

Comme tout le monde, tu connais l’histoire de Cendrillon. La méchante belle-mère, les deux sœurs têtes à claques, la marraine bonne fée, la citrouille en carrosse, le soulier de verre, Gus-Gus versus Lucifer, les oiseaux avec un CAP couture, enfin la bonne vieille histoire quoi.

Mais moi, j’ai pas été élevée en France de l’intérieur. Nan, moi, j’ai été élevée juste à côté de la frontière, dans le pays où on traverse le Rhin pour faire ses courses (parce qu’aucun Alsacien ne sera jamais chopé en train d’acheter des mouchoirs en France alors qu’il peut les acheter chez DM). Le pays où tout le monde a au moins un ancêtre Allemand (bon, des fois Suisse, aussi, on est pas sectaires). Le pays où on fête la Saint Nicolas, Carnaval, et où, en bon germanistes, on fait péter plein de feux d’artifices pour n’importe quelle occasion. (Des feux d’artifices qu’on achète où ? Gagné !)

Alors, évidemment, la culture Alsacienne est un tronc d’arbre poil plus germanique que latine.

Du coup, la version de Cendrillon avec laquelle j’ai été élevée, c’est pas celle de notre Charles Perrault national, mais celle des Frères Grimm.

Et c’est cette histoire que je vais te conter aujourd’hui.

Alors bon, ça commence tout pareil que chez Perrault : Cendrillon a une gentille maman qui meurt, le papa se remarie avec une autre femme qui avait deux méchantes filles. Les filles volent les jolis habits et les bijoux de Cendrillon,se moquent d'elle, la forcent à s’habiller avec des chiffons, et lui font faire toutes les corvées. Elle est forcée de dormir à la cuisine, près du feu, et les méchantes sœurs la surnomment donc « Aschenputtel », puisqu’elle est toujours couverte de cendres (en Allemand, « Aschen » veut dire « cendres »,  je t’explique au cas où t’avais pris LV2 Espagnol).

Bon, déjà là, je comprends pas trop pourquoi Aschenputtel se laisse faire par ses deux tortionnaires, parce que bon, je veux bien que sa maman lui ait fait promettre sur son lit de mort de rester toujours gentille et que Dieu la protégerait, m’enfin bon y’a une différence entre être gentille et être une bonne poire.

Donc Aschenputtel mène une vie bien triste et va tous les jours pleurer sur la tombe de sa mère et prier le bon Dieu pour une vie meilleure.

(Perso, si j’étais le bon Dieu, je lui dirais « Ecoute ma petite souillon, t’es bien mignonne mais t’es quand même un sacré jambon, va donc pousser une gueulante chez tes connasses de sœurs et laisse-moi en dehors de tout ça, tu seras gentille, c’est pas tout ça mais y’a la famine en Afrique et j’ai pas que ça à foutre de régler les disputes familiales, on est pas dans Sans Aucun Doute, ci-mer ».)

(Oui, quand j’imagine parler Dieu, il a le même argot qu’en 1995, et alors t’as un ci-sou ?)

Bref.

Un beau jour, le père d’Aschenputtel va au marché et demande à ses filles quels cadeaux elles souhaitent qu'il leur rapporte. L’aînée demande une belle robe, la cadette des perles et des diamants. (Ça va, rien que ça ? Et cent balles et un Mars, aussi ?) 

(Nan mais sérieux, tu t’imagines si ton père te dit « Je vais faire les courses, il te faut quelque chose ? » et que tu lui réponds « Bah écoute ouais, prends-moi une rivière de diamants, s’il en reste ». NORMAL.)

Aschenputtel, elle, sympa, demande juste à son père de lui ramener la première brindille qui s’accrochera à son chapeau.

(Ooooookay.)

(T’as pas un peu l’impression de te faire enfler, sur ce coup-là ?)

Donc le père va au marché, achète les trucs, et ramène à Aschenputtel une branche de noisetier. Aschenputtel la plante sur la tombe de sa mère et l’arrose de ses larmes, et au fil des années, un noisetier pousse.

Alors pardon, mais les frères Grimm, ils étaient  peut-être doués en racontage d’histoire, mais visiblement ils en connaissaient pas une quille en botanique.

Déjà, bonne chance pour faire pousser un arbre à partir d’une putain de brindille, mais bon, admettons qu’il y ait eu des noisettes accrochées après, à la limite, ça passe.

Mais franchement, t’as une idée de la quantité d’eau requise pour faire pousser un arbrisseau ? Même en s’hydratant bien, je vois pas comment c’est possible de fournir assez de larmes pour arroser un arbre convenablement. (Qui plus est, en l’arrosant uniquement avec de l’eau salée, enfin moi j’dis ça j’dis rien.)

Bref, l’arbre pousse. Aschenputtel vient prier sur la tombe trois fois par jour, et à chaque fois, un oiseau blanc vient se percher sur le noisetier pour lui tenir compagnie.

(TROIS FOIS PAR JOUR ? Ben dis donc tu m’étonnes qu’elles te traitent mal, tes sœurs. En fait tu fais genre tu fais les corvées mais t’en branles pas une! Tu passes ton temps à chouiner et à prier, bah bravo, bonjour l’ambiance.)

Enfin bon, sur ces entrefaites, le roi du pays décide d’organiser une grande fête qui durerait trois jours et trois nuits, ceci dans le but de trouver une épouse à son fils.

(Ça va, il fait pas dans le modeste, le roi.)

(Est-ce que tout le monde dans ce pays a la folie des grandeurs ?)

Le roi invite donc toutes les belles jeunes filles du pays (comment, au juste ? Est-ce qu’il a des fiches sur tous ses sujets, ou c’est marqué « Nan gros l’invite pas celle-là, wallah c’est un boudin » (oui, mes fiches parlent comme Booba, et alors t’as un problème, j’te nique ta race ou quoi)).

Donc les sœurs d’Aschenputtel se préparent pour le bal, et cette dernière les supplie de l’emmener avec elles (haha, t’as pas été invitée, la moche !). Mais la méchante belle-mère refuse, sous prétexte qu’Aschenputtel n’a pas de robe à se mettre. 

(En même, temps, faut la comprendre, la marâtre. Elle a deux filles apparemment jolies mais c’est des grosses connasses, si y’a moyen d’en fourguer une à un prince, c’est pas le moment de se taper l’affiche en arrivant au bal avec une souillon).

Aschenputtel insiste (c’est bizarre, c’est pas trop en accord avec son caractère de paillasson humain). 

(Peut-être qu’elle avait vraiment la haine de se dire « Oh putain, j’aurais pu demander une robe neuve à mon père, et maintenant j’ai rien qu’un bâtard de noisetier! »). 

Alors, pour se débarrasser d’elle, la méchante belle-mère attrape un plat de lentilles et le jette dans les cendres de la cheminée (ah ben bravo, et la famine en Afrique ?), et dit à Aschenputtel qu’elle aura le droit de venir au bal une fois qu’elle aura trié l’intégralité des lentilles de la cendre.

Une idée bien merdique, si tu veux mon avis.

(Pourquoi les gens des contes insistent toujours pour donner des taches cheloues à faire en ricanant « ahaha, te voilà bien baisée » au lieu de simplement dire non ?)

(Parce que bon, y’a toujours une chance que ça marche. Tandis que quand tu laisses pas le choix, au moins t’es sûr.)

(Bref.)

Aschenputtel est bien triste, mais se met à la tâche quand même, pendant que la mère et ses filles partent au bal. Mais, à peine la marâtre disparue, voilà qu’arrivent deux colombes blanches, qui disent à Aschenputtel qu’elles ont été envoyées du ciel par sa défunte mère pour l’aider dans sa tâche.

(Dis donc, je sais pas ce qu’elle fume, Aschenputtel, mais je veux la même chose.)

Donc, avec l’aide des colombes, elle finit sa tâche en deux temps trois mouvements, mais une fois que tout est trié, elle est couverte de cendre. Donc elle se remet à pleurer parce qu’en fin de compte c’était bien la peine de se traîner dans la crasse si c’est pour de toute façon pas pouvoir aller au bal en tenue correcte (nan mais sérieux, t’y avais pas pensé avant ?).

A ce moment, les colombes viennent voir Aschenputtel et l'amènent à la tombe de sa mère, où l'attend une robe et des chaussures de soie blanche. 

(Mais ils les ont trouvés où ?) 

(J’veux bien que sa mère soit un ange ou chais pas quoi, mais enfin pour autant que je sache, même quand on est un esprit bienveillant, c’est vache de compliqué de transmuter la matière. Donc quoi, les colombes sont allées cambrioler une boutique de haute couture ?)

Bref, Aschenputtel arrive au bal toute belle, mais à pied comme une gueuse (vu que, dans la version des frères Grimm, pas un mot n’est soufflé de la citrouille qui se transforme en carrosse).




(Du coup, sans la magie, c'est un peu plus galère de faire son chignon.)

Le prince trouve Aschenputtel tellement belle que ça lui coupe la chique. Subjugué, il va l’accoster. Les frères Grimm ne détaillent pas comment ça s’est passé, mais j’imagine un truc dans ces lignes :

- Ouaich mademoiselle bien ou bien ? C’est pas trop une pure soirée ? Vasy t’es chaude pour venir danser là ? 

Donc Aschenputtel danse avec le prince toute la nuit, c’est le coup de foudre instantané, et quand un autre homme veut faire danser la jeune fille, le prince l'arrête en disant "Cette jeune fille ne danse qu'avec moi".

(C'est cool, c'est pas misogyne du tout comme comportement.)

Bref, elle danse toute la nuit, et s’esquive avant le petit matin histoire d’arriver avant sa belle-mère et ses filles (mais y’a pas d’histoire des douze coups de minuit, oh tu crois qu’onfait la fête comme des Néo-Zélandais ou quoi ?). Elle enlève sa belle robe et la planque derrière le noisetier, puis va se coucher devant l’âtre en faisant semblant de rien.

Le second soir, elle demande à nouveau à aller au bal, et cette fois-ci, la belle-mère jette deux fois la quantité de lentilles de la veille dans la cendre et lui demande à nouveau de tout trier.

Nan mais elle est conne ou elle le fait exprès ? 

Aschenputtel a miraculeusement accompli la tâche impossible que tu lui as donnée la veille, et du coup, tu lui redonnes la même tache à faire? 

(Non mais franchement, quelle famille de jambons.)

Ben du coup, pas de surprise, Aschenputtel et les colombes finissent le tri des lentilles, elle se rend sur la tombe de sa mère, trouve une robe et des souliers brodés d’argents, va au bal, danse avec le prince toute la nuit, s’éclipse avant le petit matin et retourne dormir dans les cendres, ni vu ni connu.

(Et la belle-mère et ses filles, ça fait deux fois maintenant qu’elles voient Aschenputtel être le centre d’attention au bal, mais ne la reconnaissent pas.)

(Je commence vraiment à croire qu’il y a un problème de chromosomes dans cette histoire.)

Et le troisième soir, la méchante belle-mère a enfin compris que son épreuve des lentilles est toute pourrave (il était temps, Flash Gordon), et du coup elle se barre juste en avance pour éviter la confrontation avec sa belle-fille.

(Enfin un comportement sain dans une famille normale.)

Mais comme tu t’en doutes, Aschenputtel elle s’en bat la race, vu que sur la tombe de sa mère l’attend une robe et des souliers brodés d’or (et pas en verre, c'est ridicule cette histoire, qui irait mettre des chaussures de verre?), encore plus magnifiques que les précédentes tenues.

(Et pendant ce temps, dans un atelier du royaume, une innocente couturière est tenue en otage par deux pigeons.)

Aschenputtel arrive au bal, danse avec le prince, tout ça, mais cette fois-ci le prince lui dit qu’il souhaite l’épouser et lui demande de rester. Seulement voilà, Aschenputtel elle est un peu teu-bé et elle se dit que si elle ne s’échappe pas à nouveau elle va se faire démonter par sa belle-mère (laisse tomber le fait que tu vas ÉPOUSER UN PRINCE, clairement, c’est encore légitime de s’inquiéter d’avoir fait le mur).

Après, peut-être aussi qu'elle avait simplement la trouille à l'idée de se retrouver mariée pour la vie à un gars qu'elle trouvait vaguement mignon et si ça se trouve il a des défauts horribles, genre il jette ses chaussettes à côté du panier à linge au lieu de dedans le panier à linge.



(Et encore, ça c’est si t’as de la chance. Apres, autant tu te retrouves avec un fétichiste du caca, ou un mec qui vote Front National.) 

(Pléonasme.) 

(Ha ha !)

Du coup, Aschenputtel s’enfuit du château, mais le prince avait tout prévu et avait ordonné à ses serviteurs d’enduire l’escalier de poix.

(C’est cool, c’est pas du tout flippant comme idée.)

(« Et là je lui demande si elle veut m’épouser. Et si elle veut pas, je l’empêche de partir en la collant au sol. Comme ça, elle sera forcée de m’aimer ! Ahahaha ! »)

Donc Aschenputtel s’enfuit tout de même (heureusement pour elle, parce que ce prince m’a tout l’air d’un psychopathe) mais elle perd un de ses souliers brodés d’or sur les marches de l’escalier. Le prince proclame alors qu’il épousera la jeune fille dont le pied entrera dans la chaussure.

(C’est un plan parfait ! C’est bien connu qu’il n’y a qu’une seule meuf dans tout le royaume qui chausse du 37.)

Le prince fait donc le tour des maisons (heureusement qu’il a rien d’autre d’important à faire, comme d’apprendre à gouverner un royaume) et fait essayer le soulier à chaque jeune fille. Le jour où il arrive dans la maison d’Aschenputtel, la belle-mère force la jeune fille à rester dans la cuisine, et fait essayer le soulier à sa fille aînée. Mais son pied est trop grand, du coup, sa mère lui coupe les orteils pour le caser dans la chaussure.

 QUOI ?? MAIS QUOI ??!

Enfin j’veux bien qu’épouser un prince, ce soit super la classe, mais enfin là c’est quand même un petit peu de l’abus, non ?

(Surtout que cette famille était pas vraiment dans la misère, cf. les achats spontanés de diamants.) 

(Bon, après, tu sais pas, peut-être qu’ils étaient près de la caisse du supermarché, comme les Tic-Tac Orange. C’est difficile de résister.)

Bref, en tout cas son pied rentre dans la chaussure, le prince est content et annonce qu’il va épouser cette nana.

(Nan mais t’es sérieux ? T’as dansé trois nuits de suite à cinq centimètres de la même fille, et t’arrives même pas à te rendre compte qu’on te présente une fille totalement différente ?)

(On se demande bien ce que tu regardais tout ce temps-là, hein.)

Le prince s’en va donc pour le château avec la sœur aînée juchée sur son cheval, mais en chemin, ils passent à côté de la tombe de la mère d'Aschenputtel. A ce moment, les deux colombes dans l'arbre crient au prince de regarder le pied de sa promise. Il se rend alors compte que du sang goutte de la chaussure et réalise qu’il a été victime d’une supercherie.

Alors attends deux secondes, la suite de l'histoire on s'en fout. Mais t'es en train de me dire que des oiseaux tapent le bout de gras avec le prince et que tout le monde trouve ça parfaitement normal? 

- Eh prince! Regarde le pied de ta fiancée, elle te ment!
- Bougre d'enfer, tu as raison, petit pigeon!

NORMAL.

Bref.

Le prince retourne a la maison d’Aschenputtel, et la belle-mère fait alors essayer le soulier à la fille cadette (j’espère juste qu’elle le rince d’abord, quand même). Là aussi, le pied de la fille est trop grand, donc sa mère lui coupe le talon pour qu’il rentre dans la chaussure.

SERIEUSEMENT ?

Est-ce qu’on vient pas d’apprendre juste à l’instant que la mutilation ne menait à rien?

(Et puis, le prince, tu vas pas la lui faire à l’envers deux fois de suite en espérant que ça se voie pas, il est pas con quand même.)

Le prince décide alors d’épouser la cadette et la ramène avec elle au château.

(Ah ben autant pour moi.)

(C’est tous des consanguins dans cette histoire, ou bien ?)

Et du coup, re-belote : sur le chemin, les colombes attirent l’attention sur le sang qui coule de la chaussure, et le prince retourne chez Aschenputtel. (« Oui bonjour, celle-là aussi est cassée, il m’en faudrait une autre ».)

Le prince déclare alors que ça commence à bien faire ces manigances et qu’on lui dise une fois pour toutes s’il y a d’autres filles dans cette maison, histoire qu’il puisse en finir et rentrer chez lui, parce que ça fait deux fois que son cheval doit faire demi-tour, et un cheval ça consomme pas du trois litres aux cent, donc belle-mère, t’es sympa t’abrèges.

La belle-mère bien embêtée est obligée d’avouer qu’il y a une autre jeune fille dans la maison, mais ment en disant que c’est simplement une servante. Mais le prince il en a marre qu’on le prenne pour une pomme, donc il fait venir Aschenputtel et lui demande d’essayer le soulier. 

(Avec le sang des deux sœurs dedans, et tout ? Ben j’espère qu’elle avait pas d’ampoules, Cendrillon, sinon bonjour les hépatites.)

Et là, c’est super ! La chaussure lui va comme un gant ! 



(Et sans se couper des morceaux de pied, c’est cool la vie.) 

A ce moment, le prince la reconnaît comme étant l’inconnue ayant dansé avec lui au bal.

(Ah oui, maintenant tu la reconnais ? Juste avant, t’avais aussi « reconnu » ses deux demi-sœurs, dis donc c’est beau l’amour.)

Et donc ça finit bien, Aschenputtel épouse le prince, et les deux sœurs se font crever les yeuxPARDON ?

Ah oui, je t’avais pas dit ? Le jour du mariage, les deux demi-sœurs d’Aschenputtel tapent l’incruste dans l’espoir de regagner les faveurs de leur souffre-douleur maintenant que c’est une princesse (« Salut, on t’a traité comme des connasses pendant des années, mais sinon sans rancune ? »). Et alors qu’Aschenputtel et le prince marchent vers l’autel, les deux colombes attaquent les sœurs et leur crèvent un œil à chacune.

(Ça va, ils savaient mettre l’ambiance aux mariages, à l’époque.)

Et à la fin du mariage, alors que tout le monde sort de l’église, les deux colombes reviennent et crèvent les deux yeux restant des sœurs (quoi, mais tu veux dire qu’elles se sont fait crever un œil chacune et qu’au lieu d’aller se faire soigner, elles sont restées assister au mariage ? C’est des femmes ou des Vikings ?), les punissant ainsi de leur méchanceté pour le restant de leur vie.

Alors bon, de deux choses l'une :

De un : Je commence vraiment à croire que la mère d’Aschenputtel est une entité démoniaque. Crever les yeux des gens, c’est pas vraiment une optique très « ange du Seigneur », si tu veux mon avis.

De deux : Je trouve ça franchement pourrave de s’acharner sur les belles-sœurs alors que c’est la marâtre la vraie méchante de l’histoire. Les filles ont déjà eu les pieds mutilés par leur mère, je pense que c’est suffisamment payé pour quelques années de putasseries. 

D’autant que la marâtre n’est pas punie du tout, alors que qui est-ce qui a refusé à Aschenputtel d’aller au bal, et qui est-ce qui a coupé les pieds de ses propres filles ? Ben voilà, alors moi j’trouve ça dégueulasse. 

(Aucun sens de la justice, défunte mère d’Aschenputtel !) 

(Va prendre des cours chez Dexter. De toute façon il a plus que ça à faire maintenant.)




PS : Je sais pas toi, mais moi, si on m’invite un jour à un mariage ou les gens font des lâchers de colombes, je dis NON.