samedi 27 février 2016

L'instant Kiwi: la religion


Etant donné que ça fait quelques mois que je reçois les pamphlets religieux les plus fun du monde à la maison, j'ai décidé d'y consacrer un article.

Commençons par un petit cours de civilisation comme il se doit: la religion en Nouvelle-Zélande.

(Tout un programme.)

Premier truc à savoir: les gens en Nouvelle-Zélande ne sont pas très religieux.

La religion principale du pays est le protestantisme (31%), mais, dans les faits, les athées et agnostiques sont bien plus nombreux (50%), donc techniquement, la première religion en Nouvelle-Zélande, c’est l’absence de religion.

(Heathen power !)

Après les hérétiques, donc, on trouve les Protestants. Et, ayant été élevée par des athées et éduquée à l’école catholique, j’avoue que j’ai beaucoup de mal à m’y retrouver entre toutes les mouvances du protestantisme.

Au moins, les Catholiques, ils font dans la simplicité : boum, le Pape décide tout et tout le monde est d’accord. Mais chez les Protestants, comme leur nom l’indique, on aime protester.

Du coup, dès qu’il y en a un qui est pas d’accord avec les autres, pouf, il fonde sa propre église avec des tables de black-jack et des putes (pardon, l’habitude).

Donc c’est très compliqué pour moi de faire la distinction entre les Baptistes, les Anabaptistes, les Pentecôtistes, les Évangéliques, les Anglicans, les Presbytériens, les Congrégationalistes, les Réformés, les Méthodistes, les Adventistes, les Luthériens, et j’en passe parce que sérieusement, y’a genre huit mille différentes églises, c’est un cauchemar de s’y retrouver.

(Y’a juste les Mormons qui sont faciles à reconnaître, parce qu’ils se baladent toujours dehors et qu’ils essayent de te fourguer des bibles de poche.)

(C’est un peu comme les Témoins de Jéhovah, mais ils tirent pas la gueule.)

(En même temps, les Témoins de Jéhovah ils viennent t’annoncer l’apocalypse, je peux comprendre qu’ils soient pas jouasse en permanence.)

Après les Protestants, on trouve pas mal de Catholiques qui se sont égarés sur le chemin de Rome (11% de la population), trois-quatre Chrétiens Orthodoxes qui sont là vraiment pour la figuration (0.3% de la population), et une poignée de Chrétiens Maoris des églises de Rātana et de Ringatū (qui mêlent les anciennes croyances animistes avec la religion chrétienne) et qui totalisent un peu plus d’1% de la population.

Et en dehors des Chrétiens et des athées, y’a pas grand-chose sur cette île : 2% d’Hindous, 1% de Bouddhistes, 1% de Musulmans, et une petite poignée pêle-mêle de tout ce qui reste (Juifs, Sikh, et deux-trois religions New Age de hippies qui vendent des savons artisanaux aux marchés du samedi matin).

Ce qui est assez marrant, c’est que les seules communautés religieuses vraiment vocales en Nouvelle-Zélande sont parmi celles qui ont le nombre le plus faible de fidèles, à savoir les Baptistes (1.2% de la population), les Mormons (1%), les Témoins de Jéhovah (0.5%) et les Évangéliques (0.3%).

(Et rappelle-toi qu’on parle d’un petit pays, alors quand je parle des 1% de Mormons, je te parle de genre quarante mille pékins.)

(Ils te rempliraient même pas un stade de rugby.)

C’est donc à ces prédicateurs que je vais rendre hommage aujourd’hui, grâce aux barres de rire qu’ils me procurent à chaque glorieux prospectus glissé dans ma boîte aux lettres.


Et s’ils me font tant rigoler, ce n’est pas pour leurs croyances, mais plutôt pour les méthodes qu’ils emploient pour m’enfoncer leur doctrine dans la gorge.

Parce qu’autant je conçois que la spiritualité puisse avoir une part importante dans la vie privée d’une personne, autant je comprends l’envie de transmettre cette idéologie à ses enfants comme faisant partie d’un héritage culturel, autant j’ai jamais saisi le principe de venir sonner à la porte d’inconnus complets pour essayer de leur faire changer d’avis sur ce qui est intrinsèquement une affaire de convictions intimes.

(Genre je vais t’écouter.)

(Mec, j’te connais même pas, qu’est-ce qui te fait croire que j’en ai quelque chose à foutre de ton avis ?)

(Je pourrais ouvrir la porte couverte de sang de chèvre en hurlant GLOIRE A BELZÉBUTH, j’aurais même pas honte.)

Après, les Témoins de Jéhovah qui sont venus toquer à ma porte et les Mormons qui sont venus m'aborder dans la rue (oui, en Nouvelle-Zélande, les seuls mecs qui viennent t'aborder dans l'espace public, c'est les Mormons) (honnêtement je préfère), enfin bref, ils étaient toujours très polis et pas trop insistants. 


Donc au final, les prêcheurs de rue restent beaucoup moins emmerdants qu'un "Eh Mademoiselle, vous êtes bien charmante, oh sale pute j'te parle" de base, mais je continue à penser que leur méthode laisse à désirer.

(Je me demande combien de gens ils ont réussi à convertir sur le chemin du boulot, parce que je sais pas toi, mais à 7 heures du mat, j'ai pas trop la tête aux questionnements ontologiques.)


Et puis il y a les Baptistes, qui ne font pas du porte-à-porte, mais utilisent la méthode plus soft des pamphlets dans la boîte aux lettres.

Et, tout comme le porte-à-porte, le concept du pamphlet m’esbaudit franchement.

Si c’était un truc destiné aux gens déjà croyants, passe encore. (Genre « eh au cas où t’étais pas au courant, on a une super nouvelle église dans ton quartier, viens nous faire un coucou, y’aura des hosties et du jus de raisin, ça va être super duper ». Pourquoi pas.)

Ce que je trouve intéressant, c’est que les pamphlets que je reçois s’adressent principalement à des hérétiques dans mon genre.

Et, bon, okay, y’a pas de mal à essayer, mais franchement, quand je reçois de la littérature de ce genre, ma première réaction c’est toujours DE QUOI J’ME MÊLE ?

Sérieusement, est-ce que moi je viens mettre des pamphlets dans ta boîte aux lettres pour te dire « Eh croire en Dieu ça pue du cul, deviens athée tu verras c’est vachement plus cool, on aime la science et on a tous peur de mourir, viens vivre avec nous dans la crainte du néant post-mortem, tu vas kiffer » ?

NON !

(En plus, v’là le degré zéro de l’argumentation.)

(« Je pense que mon Dieu c'est le meilleur Dieu de tous les Dieux, alors tu ferais mieux de penser la même chose, sinon mon Dieu va venir te taper. »)

Donc, tu l’auras compris, le prêchi-prêcha, ça m’exaspère. Et face aux attaques de la religion, je reste sceptique, et même carrément méfiante.



(Ça fait genre deux ans que j'attends de pouvoir caser ce GIF.)

Mais les petits pamphlets de l'Eglise Baptiste d'à côté de chez moi, ils me font quand même beaucoup rigoler.

(Bon, je dis "à côté", techniquement ils sont à Pakuranga, donc c'est de l'autre côté de la rivière. Mais c'est à moins de 5 kilomètres, donc en distances Aucklandaises, c'est à côté.)


Je reçois leurs prospectus de manière assez régulière, et ça fait plusieurs mois que je les mets amoureusement de côté dans le but d'en faire un article. Là j'en ai cinq, je pense que c'est pas trop mal.


(En plus dernièrement, j'ai reçu que des doublons.) (Mais je les ai gardés quand même, au cas où y'a des gens qui les échangent.) (Comme des cartes Pokémon.) (Bref.)


Hop, trèves de bavardages, je commence direct avec mon pamphlet préféré:





(Le baptême des nouveaux-nés: que dit la Bible?)




(RIEN.)

Bon, ça a le mérite d'être plutôt clair, et c'est rien de bien étonnant parce qu'on est chez les Baptistes, qui, comme leur nom l'indiquent, ne rigolent pas sur la question du baptême.

(En gros, ils partent du principe que seuls les gens qui croient sincèrement en Dieu doivent êtres baptisés – et comme les bébés sont trop jeunes pour exprimer leur foi, il ne faut pas les baptiser tout de suite.)

Bref, j'ai lu tous les pamphlets d'un bout à l'autre, et les Baptistes d'à côté de chez moi semblent être juste un poil obsessionnels avec l'idée d'aller au Paradis, parce que c'est le sujet de TOUS leurs prospectus, cf. cette analogie bancale avec les voies romaines, et ce SUBLIME tract avec photo de coucher de soleil prise en 1978:






(Et puis un jour faudra qu'on m'explique pourquoi tous les trucs vaguement en rapport avec la spiritualité utilisent des couchers de soleil dans tous les sens.)

Et, surtout, le GÉNIE TOUT-PUISSANT qu'est ce visuel:



(Je ne sais pas ce qui me plaît le plus dans cette image: le fond rose Barbie, les deux têtes flottantes au milieu de l'image qui ont l'air d'être en plein bas trip, ou le mec tout en bas qui a moins une tête de mec qui craint le châtiment divin, et plus la tête d'un mec qui vient de hurler "OH MON DIEU C'EST L'ATTAQUE DE LA MAIN GÉANTE!!!")

Bref.

Les Baptistes croient au Paradis, et attention la description, c'est pas rien, le machin:



Selon les extraits choisis ici, le Paradis est donc un endroit avec douze portails de perles, des murs de jaspe (une pierre semi-précieuse, qui ressemble au jade) et des rues pavées d'or.


En gros, le Paradis est ULTRA PIMP.

Sans déconner, moi je lis une description comme ça, je pense pas "Paradis", je pense "manoir de Tony Montana". 
(A moins que ce ne soit une stratégie pour recruter les gangsta rappeurs?)

Mais ce n'est pas tout: le Paradis est aussi décrit comme un endroit où il n'y a "ni soleil, ni lune, mais une lumière constante qui émane de la Gloire de Dieu."

Et là je dois dire: je suis pas Chrétienne, mais cette image me rappelle quand même furieusement quelque chose. Pas de soleil ni de lune, une lumière éternelle....

Putain mais c'est le Silmarillion!



C'est carrément le Silmarillion!

C'est Valinor avant le Premier Age, quand il était illuminé par Laurelin et Telperion, les arbres de Yavanna, avant qu'ils ne soient détruites par Melkor et que les Valar ne créent le soleil et la lune à partir de leurs fruits!

(Pardon à ceux et celles pour qui ce paragraphe n'avait aucun sens, mais les vrais Sauron(t) de quoi je parle.)

Alors là, j'ai bien envie de dire "FOUTAGE DE GUEULE LES BAPTISTES VOUS AVEZ TOUT COPIÉ J.R.R. TOLKIEN", mais ce serait quand même de l'hyper mauvaise foi, puisque :

de 1. c'est difficile de dater précisément quand la Bible a été écrite vu qu'il y a eu des morceaux rajoutés pendant des siècles, mais je suis quand même plutôt certaine qu'elle était bien finie quand J.R.R. Tolkien a écrit ses bouquins, et 

de 2. C'est de notoriété publique que J.R.R. Tolkien était un sacré copieur, cf. les mythes bibliques, Beowulf, et l'ensemble de la mythologie nordique et germanique qu'il a allègrement pompés jusqu'à plus soif.



(Oh tiens salut le poème scandinave de la fin du dixième siècle, est-ce que tu ne serais pas LA RÉSERVE PERSONNELLE DE NOMS DE NAINS POUR JOHN RONALD REUEL PAR HASARD?)

(Le chair est faible et nos idoles sont mortes.)


Bref, on a un peu divergé du sujet.


Mes copains Baptistes d'en bas de la rue, donc, ils aiment bien le Paradis, et ils aiment bien aussi discuter pendant des millions d'heures des conditions à remplir pour y entrer. Et c'est là que ça devient intéressant.


Parce que d'abord, ils t'expliquent que le Paradis c'est super duper, puis ils te disent qu'en fait tu pourras pas y aller.

En effet, selon nos potos les prédicateurs, la bataille est perdue d'avance: on est tous des pécheurs, l'humanité est corrompue, et donc en fait aucun de nous ne peut aller au Paradis, parce qu'on ne peut pas vivre une vie entière sans pécher une seule fois.


En plus c'est pas vraiment comme si y'avait profusions de choix, puisque les autres prospectus t'expliquent qu'il n'y a que deux options pour ton âme: le Paradis, ou l'Enfer. Mais du coup, comme on est tous des pécheurs, ben... on va en Enfer automatiquement.

Et pardon mec, je veux pas te dire quoi faire, mais j'ai étudié la com, et je peux te dire tout de suite: NE MÈNE PAS AVEC CET ARGUMENT!

Une personne normale a genre 8 secondes d'attention à t'accorder, et toi tu commences ton pamphlet avec:

- Bonjour, vous voulez aller au Paradis? Eh ben vous pouvez pas! Même si vous êtes la personne la plus chouette du monde, c'est raté. C'est l'enfer pour ta gueule, mon petit Maurice, déso pas déso.

Du coup ça nique tout ton effet de style, parce qu'au moment où tu dis:

- Mais en fait, on peut quand même aller au Paradis, je vais vous expliquer comment!

C'est trop tard Gilbert, on a déjà enlevé nos vêtements et on est partis courir dans la rue en foutant le feu et en chantant "Foutus pour foutus".

(En tout cas, moi, c'est ce que je ferais.)

Bref, nos potos nous expliquent par la suite (aux rares qui ont pas déjà décroché pour aller semer la terreur) qu'en fait si, on peut aller au Paradis, c'est même super simple en fait, il faut juste lire la prière écrite sur le prospectus.




(C'est simple comme un parchemin de boules de feu.)

Bon, ça c'est un exemple de prière assez soft, qui dit en substance "Gentil Dieu, pardonne mes péchés, je crois en Jésus et je l'accueille dans mon coeur, et je vais obéir au Seigneur, ça va être super chouette".

Mais y'a aussi des prières un peu plus hardcore, en mode "J'vois même pas pourquoi tu t'emmerderais à venir me sauver, je suis un pécheur, JE MÉRITE DE MOURIR".

Non, mais vraiment.

Ça dit vraiment "Je mérite de mourir".



Alors de deux choses l'une, Jean-Luc Baptiste: ou alors, toi et moi, on traîne pas vraiment avec les mêmes personnes, ou alors, ton église est vachement stricte sur la question de ce que constitue un péché mortel.



(Ma vision de l'Eglise Baptiste après la lecture de ces prospectus.)

Ce que je trouve paradoxal dans ces pamphlets, c'est que l'auteur te répète que tout le monde mérite l'Enfer parce que tout le monde pèche, mais à partir du moment où tu te repens et que tu acceptes Jésus, hop, c'est porte ouverte pour le Paradis.

Et je sais pas comment ça se passait chez toi, mais moi, tous les croyants à qui j'ai eu affaire au cours de ma vie m'ont toujours dit que, pour accéder au Paradis, il fallait être une bonne personne. Faire le bien autour de soi, aimer son prochain, tout ça.

Mais ce qui m'étonne, c'est que là, les Baptistes ils disent que oui, mais non, on s'en balek en fait que tu sois une bonne personne ou pas. Cf. l'extrait ci-dessous, où ils disent, en somme: ça ne sert à rien d'être une personne exemplaire, de donner de l'argent aux bonnes œuvres, ou d'aller à l'église régulièrement. C'est juste de l'égoïsme, et c'est pas ça qui va te garantir ta place à la droite du Seigneur.



Okay, donc je comprends l'idée de base, qui est de dire: on ne peut pas mériter sa place au Paradis, parce qu'on n'est que des humains pleins de péchés, et seul Dieu peut décider si on a le droit d'être sauvés.

Bon. Soit.

Mais alors en fait on peut être un connard fini et aller au Paradis, c'est ça que t'es en train de me dire?

Je peux vivre en hérétique toute ma vie, incendier des forêts, tuer des pandas, cracher sur des petites vieilles, et ça n'influencera pas le jugement divin même pas un tout petit peu? Du moment que j'accepte Dieu dans mon coeur, c'est bon, c'est open bar, j'entre au Paradis comme dans un moulin?

Mais du coup, le Paradis des Baptistes est plein de connards, ou comment ça se passe?

Moi tout ce temps-là on m'avait dit que le Paradis, ça se mérite, que c'est un club select que pour les meilleurs gens du monde, alors qu'en fait le videur il laisse passer Hitler en même tempe que Mère Thérésa, mais WHAT THE FUCK?

Et pour ceux qui penseraient que je simplifie, pas du tout, les pamphlets t'offre littéralement le pardon divin dans une boîte de Bonux: selon le prospectus, t'as juste besoin d'annôner la prière qu'on te donne en pensant très fort à Jésus, et hop, c'est bon! Et si tu te dis que c'est trop facile, ils ont la solution pour ça aussi:



("Si vous y avez cru, vous avez reçu ce que Dieu a promis - le pardon et le salut. Si vous n'êtes toujours pas certain, relisez ce prospectus plusieurs fois jusqu'à ce que vous en soyez sûr.") 

Oh ben dis donc c'est bien pratique Marcel.

Moi qui pensais que j'allais devoir faire des efforts et tout pour accéder au Paradis, en fait trop pas! Je peux continuer à mener une vie de péché et garder ce prospectus sur moi comme on met de côté la carte "Sortie de Prison" au Monopoly. Comme ça, quand l'heure de ma mort approchera, j'aurai juste à relire trois fois ma prière, et hop! Pardon divin instantané.

(C'est à se demander pourquoi les Catholiques s'emmerdent encore avec le confessionnal.)


Mais ce ne sont pas les Catholiques qui occupent la place numéro un parmi les ennemis juré des Baptistes: ce sont les Témoins de Jéhovah.


Ils les détestent tellement qu'ils ont même fait un petit pamphlet uniquement pour avertir les gens du danger des Témoins de Jéhovah, et attention la merveille, vise un peu cette image de couverture:




Alors, deux choses:

Numéro un: ceci n'est pas un Témoin de Jéhovah. Ceci est clairement Joseph Staline, habilement déguisé en Témoin de Jéhovah pour tromper la méfiance de l'ennemi capitaliste. (Non représentés sur cette image: les dizaines de tanks soviétiques en attente derrière la porte.)

Numéro deux: ah bah ouais Maurice le Baptiste, t'as peur qu'on vienne marcher sur tes plate-bandes, mais en même temps, si tu veux convertir les gens, t'as qu'à te bouger les miches et aller toquer aux portes comme les autres, au lieu de distribuer tes petits tracts passifs-agressifs.

Et quand je dis "passif-agressif", c'est pas du chiqué:




("On trouve beaucoup de mensonges dans les enseignements de Témoins de Jéhovah, mais je n'aurais pas la place de tous les examiner ici.")



(Ça blâme sévère chez les Baptistes de Pakuranga.)

Bon, je vais pas te faire tout le pamphlet, mais en gros, les Baptistes sont vénères parce que la doctrine des Témoins de Jéhovah divergent de la leur sur des trucs minuscules et complètement insignifiants pour quasiment n'importe qui, du genre : les Témoins de Jéhovah croient en Jésus et en sa résurrection, mais pas sous une forme corporelle – à la place, ils disent que Jésus est revenu à la vie sous forme d'esprit.

J'ai envie de dire, on s'en bat un peu la race, non?

Esprit, corps, bon, on va pas enculer les mouches, tout le monde est d'accord sur l'histoire de Jésus et de la résurrection, ça vous suffit pas?

Ben non, apparemment il faut que tout le monde soit d'accord sur les moindres petits détails, sinon c'est la guerre.


Attends, je reformule: il faut que tout le monde soit d'accord sur les moindres petits détails d'un livre vieux de plusieurs millénaires, écrit sur plusieurs centaines d'années, par plusieurs dizaines de gens, et traduit d'une langue à l'autre pendant des siècles et des siècles d'histoire humaine.

(Eh ben mon vieux, on est bien marrons.)

Et pour te dire à quel point Jean-Marc Bigot ne fait aucun effort, c'est qu'il utilise plusieurs fois dans son prospectus le mot "mensonge". C'est-à-dire qu'il est persuadé que les Témoins de Jéhovah n'ont pas juste des divergences sur quelques points: il pense qu'ils connaissent la "vérité" et qu'ils mentent aux gens EXPRÈS:




("On voit très facilement que la doctrine des Témoins de Jéhovah est une accumulation de mensonges et de déformations de la parole divine. Leurs enseignements sont faux depuis le début.")


Ça va bien sinon la mauvaise foi, Michou?


T'es pas trop à l'étroit dans ton esprit?




(Non, nickel.)

Bref, c'étaient tous mes pamphlets de propagande.

(Je te tiens au courant si j'en reçois d'autres.)

Je voudrais terminer cet article en mentionnant une nouvelle religion qui fait fureur dans ce beau pays qu'est le nôtre:

THE CHURCH OF THE FLYING SPAGHETTI MONSTER.



(En français: pastafarisme)

The Church of the Flying Spaghetti Monster est, comme son nom l'indique, une parodie de religion, née aux Etats-Unis sous forme de protestation contre l'enseignement du créationnisme dans les écoles publiques. Le fondateur du mouvement avait à l'origine écrit une lettre satirique au Comité d'Education de l'Etat du Kansas, en y expliquant que sa théorie, selon laquelle le monde et l'humanité avaient été créés par un monstre volant fait de spaghettis, était tout aussi valable que la théorie du créationnisme, et qu'il voulait donc qu'on l'enseigne aussi aux petits enfants.

L'auteur n'ayant reçu aucune réponse à sa lettre, il décide de la publier sur Internet, et comme c'est Internet, évidemment, le truc explose. Des milliers de gens au sens de l'humour exquis s'emparent du phénomène, se baptisent "Pastafarians", écrivent une Évangile, et inventent même des fêtes religieuses pour aller avec le culte nouvellement créé.

(Il existe par exemple "Pastover"et "Ramendan", où on mange des nouilles en célébration.)



Bref, le pastafarisme est une "religion" plutôt bon enfant et pleine de jeux de mots funs, et dont le but n'est pas tant de se moquer de la religion que de l'usage politique qui en est fait. 

Parce que bon, je comprends que ça puisse paraître gamin et inutile de parodier des pékins pétés du casque qui beuglent que la sécheresse en Californie est dûe aux homosexuels et que les dinosaures n'ont jamais existé parce que la terre a été créée y'a six mille ans. J'ai envie de dire: "ces gens se décrédibilisent clairement eux-mêmes, pas la peine d'en rajouter".

Sauf que si, la peine d'en rajouter.

Parce qu'entre-temps, y'a quand même certains de ces tarés qui sont actuellement en lice pour devenir PRESIDENT DE LA PLUS GRANDE ARMÉE DU MONDE.

(HUMHUMTedCruz.)

Bref.

Et la Nouvelle-Zélande, dans tout ça, me demanderas-tu?

Eh bien, en Nouvelle-Zélande, le pastafarisme est récemment devenu super populaire.

Pas en tant que mouvement contestataire, puisqu'ici on est des gens normaux et que personne n'est fondamentalement assez con pour croire que si on pénalise l'IVG ça va reboucher le trou dans la couche d'ozone, ou je sais pas quelle merde.

(Y'a eu une fois un mec qui a écrit au Parlement pour dire que la sécheresse était causée par le mariage gay, et le pays tout entier s'est foutu de sa gueule pendant trois mois.)

Non, ici, c'est juste que les gens trouvaient ça rigolo, le pastafarisme.

Et comme la loi Kiwie est très vague sur la question de ce qui constitute une religion, elle a constamment légiféré en faveur de la Church of the Flying Spaghetti Monster. 

D'abord en 2014, quand Russell Tomes a été autorisé à porter une passoire sur la tête sur sa photo d'identité (ladite passoire a été approuvée comme "couvre-chef religieux"). 



Et puis le dernier développement dans l'histoire, c'est qu'en plus d'être l'un des trois pays au monde où la Church of the Flying Spaghetti Monster est reconnue comme une religion (si si), la Nouvelle-Zélande a récemment accordé à ses membres le droit d'officier des mariages. 

(C'est-à-dire qu'ils peuvent VRAIMENT te marier. Genre un mariage légal, pas besoin de passer chez le maire ni rien.)

Pour tous les pastafarians désireux de "tie the gnocchi", il y a maintenant Karen Martyn, première officiante de mariages – ou "Ministeroni".

(Ces jeux de mots, je ne m'en lasserai jamais.)

Donc voilà, c'était juste pour confirmer que mon pays est officiellement le plus fun du monde.

Tu peux reprendre le cours de ta vie chiante.



Si ton anglais est bon, tu peux aller lire plein de jeux de mots à base de nouilles sur le site officiel de la Church of the Flying Spaghetti Monster en Nouvelle-Zélande(Et admirer leur bannière DE TOUTE BEAUTÉ.)

Sur ce, gros bisous à tout le monde, aimez-vous les uns les autres, et s'il pleut dehors, n'oubliez pas de mettre votre passoire.

(C'est une blague, hein.)

(Prends un parapluie, ma couille.)

2 commentaires:

  1. J'ai carrément mouru de rire, merci beaucoup pour cette journée qui commence avec un sourire accroché sur ma face

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  2. Un de tes articles néo-zélandais que je préfère, merci pour les rires en cascade !!! Et en plus tu dis des trucs pas si cons dis donc. Bref : encore encore !
    Pour ma part je suis athée également, mais j'aimerais bien juste pour deux minutes être dans la tête d'un baptiste/anabaptiste/anglican/évangéliste... (pardon j'ai pas tout retenu, je vais avoir zéro à l'interro bouh !) pour voir ce que ça fait de prendre tout ce fatras au pied de la lettre (soit dit sans aucune animosité de ma part, les gens font ce qu'ils veulent tant qu'ils ne tuent pas les autres lol).
    Une dernière chose : la REVELATION pour les noms de nains !!! J'en suis métaphoriquement tombée de ma chaise ahah

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