samedi 20 février 2016

L'invasion des profanateurs de domicile


Et donc j’ai des limaces chez moi.

Mais pas genre « j’ai des limaces dans mon jardin », non.

J’ai des limaces CHEZ MOI.

DANS MA MAISON.

QUI BAVENT SUR MA MOQUETTE.

Ça a commencé un soir de solitude en janvier, quand je me suis levée pour aller faire pipi au milieu de la nuit et que j’ai marché sur un truc visqueux.

Autant te dire que mon cerveau s’est tout de suite mis en mode ‘légendes urbaines’ et m’a ressorti en une-demie seconde tous les contes de feu de camp que j’avais entendus au cours de ma vie.

(«Et là, elle se rend compte que le ‘plic plic’ n’est autre que le bruit du SANG GOUTTANT DE LA TETE DÉCAPITÉE DE SON CHIEN»)

Donc j’ai allumé la lumière d’une main tremblotante, en priant intérieurement pour que je ne me retrouve pas face à un bout de boyau ou un morceau de cervelle.

(Je sais pas de qui ça aurait pu être le boyau ou la cervelle, vu que Flaxou était en vacances et qu’on n’a pas d’animaux, mais il était une heure du matin, alors tu m’excuseras si j’étais pas le René Descartes du raisonnement.)

Et c’était une limace.

(Je sais pas si j’aurais pas préféré des boyaux, honnêtement.)

Alors on va passer outre sur le fait que la limace avait probablement un squelette en adamantium, vu qu’elle était encore toute guillerette et pleine de vie alors que je venais quand même de lui piétiner la tronche, et on va plutôt s’interroger sur le fait que BORDEL DE MERDE QU’EST-CE QU’UNE LIMACE FOUT DANS MA CHAMBRE ?

Ça n’a aucun sens !

Déjà y’a rien pour elle ici : pas de bouffe (pas même des miettes de bouffe) ni d’eau, donc je vois pas ce qui l’aurait attirée dans le coin.

D’autant que c’était pas vraiment évident pour elle de s’égarer du jardin pour se retrouver dans la chambre, vu que la seule fenêtre qui donne sur l’extérieur est placée à un mètre de hauteur, donc à moins d’être la reine du parkour et d’être sérieusement motivée, je vois pas comment elle a pu atterrir sur ma moquette.

Du coup, j’ai ramassé l’imprudente avec un bout de papier, je l’ai promptement jetée dehors, et j’ai refermé la fenêtre avant d’aller me coucher, en me disant que ce serait une histoire rigolote à raconter à Flaxou quand il reviendrait.

SAUF QUE.

Sauf que le lendemain, je suis rentrée du boulot le soir, et tout mon salon était luisant de bave.

Et j’ai retourné toute la maison, et la fautive n’était NULLE PART.

Alors, de deux choses l’une :

1. Soit la limace était revenue se venger de son expulsion de la veille en foutant des graffiti de bave partout, avant de s’éclipser par le trou d’où elle était venue ;

2. Soit c’était une autre limace qui était venue m’intimider façon guerre des gangs en marquant son territoire partout chez moi pour faire passer un message.

(Genre « Ce salon appartient aux Hauraki Slugs, et tu ferais bien de t’en souvenir ».)

Dans tous les cas, ça me laissait avec deux problèmes : d’abord, j’étais officiellement en guerre avec le peuple des limaces, et ensuite, COMMENT ELLES ARRIVENT À ENTRER PUTAIN Y’A AUCUNE PORTE OUVERTE NULLE PART !


Bon, pour être honnête, ma maison, comme toutes les maisons néo-zélandaises, est plus ou moins une version glorifiée de la maison en carton du petit bonhomme de Pirouette Cacahuète. Concrètement, ça veut dire qu’il n’y a pas d’isolation, et donc qu’il y a des trous partout au niveau des portes et des fenêtres.

(Exemple : quand il y a du vent dehors, les rideaux dans le salon s’envolent. FENÊTRES FERMÉES.)

Donc je peux facilement concevoir que ce ne soit pas trop compliqué pour une limace de trouver un moyen de s’infiltrer dans ce gruyère que j’appelle mon chez-moi.

Mais je ne peux toujours pas concevoir POURQUOI.


Je ne comprends pas ce qui les attire à l’intérieur de ma maison, alors que dehors elles ont de l’herbe, de l’humidité, et même des plants de salade rien que pour elles dans le jardin !

(Au départ c’était pour nous, mais j’étais partie pendant un mois, et tu te doutes bien que Flaxou ne va pas manger des légumes si je suis pas là pour le forcer.)

Bref, ça fait un mois.


Un mois que presque tous les matins, je retrouve mon salon tagué à la bave de limace façon Jackson Pollock, et un mois que j’arrive pas à trouver où elles se cachent (et, si c’est la même, comment elle survit dans la maison depuis tout ce temps).

(Est-ce que les limaces ça peut survivre en mangeant de la poussière, et éventuellement des vieilles miettes de pop-corn ?)

Je suis même allée consulter ce puits de sagesse sans fond que l’on nomme les forums Internet (oui, j’en suis à ce stade-là) pour trouver comment me débarrasser des limaces sans poison (parce que je suis une enfant de hippies et que je rechigne à l’idée de tuer des créatures innocentes).

(Sauf les araignées – ces connasses.)

Et laisse-moi te dire que ça n’a pas aidé à me redonner foi en l’humanité.

Parce que les gens, ils sont bien sympa, mais entre ceux qui te balancent des remèdes sortis du cul d’une poule (« J’ai entendu un jour quelque part, peut-être dans un rêve, que pour se débarrasser des limaces, il fallait émietter des Petits Écoliers sur le pas de la porte ») et ceux qui te divulguent les solutions passées de génération en génération par des ancêtres visiblement tombés dans la marmite de consanguinité quand ils étaient petits (« Oui alors mon arrière-grand-oncle, pour se débarrasser des limaces, il tournait autour du jardin sur une jambe les soirs de pleine lune enroulé dans du jambon »), autant te dire que c’était pas gagné.

(Et je ne parle même pas des babas cool qui viennent participer au forum pour dire « Moi j’accueille nos amis les gastéropodes avec joie dans mon humble demeure. Gaïa est à tout le monde. » AH BAH TU M’AIDES VACHEMENT, JEAN-MICHEL BAVEUX.)

J’ai aussi entendu tout et son contraire sur les vertus de la bière («Ca les repousse» «Non, ça les attire!») et de la chicorée («Elles détestent ça!» «Non, elles adorent!»), du coup j’ose pas trop tester par peur de me retrouver avec les limaces des voisins en prime (manquerait plus que ça).

J’ai aussi lu qu’il fallait que je répande des huiles essentielles, que je plante de la menthe, que je disperse du basilic, que j’asperge du jus de citron, et quoi Simone tu veux que j’te fasse une vinaigrette aussi ou ça va aller comme ça ?


(D’autant que j’avais déjà testé l’huile essentielle de cannelle pour éloigner les fourmis, et pendant trois semaines, ça sentait moins comme une maison et plus comme le QG du lobby du pain d’épices.)

(Heureusement qu’on est Alsaciens, on a l’habitude.)

Bref, les limaces ninja continuent de sévir.


Je songe désormais à placer une caméra dans le salon la nuit pour choper les fautives la main dans le sac, et dans le même temps réaliser le found footage film le plus pourrave du monde.

(Non, je déconne.)

(Ce sera toujours meilleur que Paranormal Activity 4.)

À part ça, ma seule idée implique une boîte en équilibre sur un bâton, une ficelle et un morceau de fromage, mais je crois que, de 1, c’est pour les souris et, de 2, c’est seulement dans Tom et Jerry que ça marche.

Mais tant que je me réveille pas avec une feuille de salade dans mon lit, je m'inquiète pas trop.



(Ce serait perturbant.)

Donc, lecteur, lectrice, si t’as déjà subi des invasions de limaces, je suis ouverte aux conseils.

Si t’as déjà subi des invasions d’autres créatures (fourmis, rongeurs, poltergeists) fais péter les commentaires, ça m’intéresse aussi – ne serait-ce que pour me vautrer dans la Schadenfreude.

Allez, bisous les p’tits loups ! Et je vous dis même, comme à la grande époque du collège : Big Bisous Bien Baveux.

(Rapport à la bave de limace.)

(Pas rapport au fait que mon vocabulaire n’a pas évolué depuis 2002.)

Lâchez vos com’ssssss !

5 commentaires:

  1. Beeeeuurk, immonde cette invasion! Ma soeur avait le même genre d'invasion à Newcaslte, il faut que je lui demande si elle avait trouvé une solution...(il te reste des buvards du primaire? ca peut faire office de scotch à mouche pour les limaces peut être...

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  2. T'as qu'à faire la technique Tom et Jerry SAUF QUE tu mets de la salade à la place du fromage.

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  3. Je n'ai eu d'invasion de limaces que dans mes plants de fraisiers vers 1995, quand je jardinais avec mon Pôpa (mais ça me dégoûtait déjà). Sinon j'aurais sadiquement tendance à dire : monte le chauffage, ça déshydratera les limaces, hinhinhinhinhinhinhin !

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  4. Commentaire improductif mais j'habite en Irlande, une maison plus ou moins à la campagne (jardin et arbres autour quoi), c'est donc humide comme tu peux l'imaginer. Eh bien on retrouve régulièrement des limaces (ou juste les traces d'ailleurs) sur a moquette dans l'entrée et... RIEN ! Pas un seul trou qui expliquerait leurs entrées !
    Ceci dit courage ça m'a l'air d'arriver en été seulement

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  5. Big bisous bien baveux... Ça en rappelle des souvenirs!
    Pas vraiment de conseil à part éviter la bière : http://www.bouletcorp.com/2008/12/09/la-saga-des-limaces-01/
    Il y a toute une série sur le sujet ^^
    Bonne chasse!

    L.E.

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