samedi 14 janvier 2017

Séries 2016, partie I : le flop


Comme tu le sais, je regarde beaucoup (trop) de séries.

Mais comme c’est un peu le mal du siècle, j’ose espérer que toi aussi.

Sauf que, pour éviter de polluer mon blog avec des articles hyper pointus à chaque nouvel épisode de Game of Thrones, je réfrène le plus possible la fanattitude.

Mais quand même, une fois l’an, j’aime bien faire le bilan (calmement) (paye tes références de l’an 2000).

C’est pourquoi, comme l’an dernier, je voudrais revenir sur mes séries préférées de 2016, et celles qui m’ont fait dire « STAAAHP ».

Et on commence par celles que j’ai arrêtées en 2016, parce que c’est toujours plus fun de dire du mal.



Vinyl


Alors ne mâchons pas nos mots : Vinyl, selon moi, c’est la plus grosse tragédie de 2016.

(Bon okay, y’a eu des guerres et des attentats.)

(Disons la seconde plus grosse.)

C’est une tragédie parce qu’on n’a eu qu’une saison alors que merde quoi, elle était super cette série !


(Firefly all over again.)

(HBO, j’en attendais mieux de ta part.)

Sans déconner, je ne sais pas ce qui s’est passé pour en arriver à cette décision, parce que tout y était, là : des acteurs au top, un bon scénario (qu’on pourrait résumer par « sex, drugs, and rock’n’roll, and then a lot more drugs »), une BO crème de la crème, une reconstitution des années 70 impec, et une direction par MARTIN MOTHERFUCKING SCORSESE MAIS SERIEUSEMENT ??!


Bref, je ne sais pas ce qui s’est passé, mais mon cœur saigne, parce que j’aimais vraiment d’amour cette série.

(En même temps, j’ai entendu « Martin Scorsese et Mick Jagger », et mon sang de petite mémé du rock n’a fait qu’un tour.)




Downton Abbey


Combien de temps peut-on continuer à regarder un truc chiant?

Si j’en crois Downton Abbey, 52 épisodes.

Downton Abbey s’est donc terminée en cet an de grâce 2016, et bordel c’était pas trop tôt.

Parce que oui d’accord, la reconstitution impeccable, la réalisation au cordeau, des acteurs corrects, des costumes éblouissants, mais à un moment donné va falloir nous donner une histoire et arrêter de pomper les Feux de l’Amour deux minutes.

Vraiment, je ne m’explique pas à moi-même comment j’ai pu regarder cette série si longtemps, parce que c’est franchement rien de plus qu’une telenovela avec du budget.

Et au moins, une telenovela comme Jane the Virgin (malgré ses longueurs) a la franchise de reconnaître ce qu’elle est, et de s’en moquer gentiment. Mais là, les auteurs se prennent tellement, mais TELLEMENT au sérieux, en mode « On est en train de ciseler un joyau du huitième art » que ça en devient presque risible.

J’veux dire, vous avez quand même rempli le bingo des feuilletons du samedi matin en six saisons, faut pas vous étonner.


Donc voilà, bon débarras Downton Abbey. Tchao les prout-prout, allez vous faire couper la tête et saisir vos richesses, ça vous apprendra la vie un peu.

(De toute façon tous les bons personnages sont morts.)

(A part la mamie comtesse, Maggie Smith est formidable et géniale et c’est un être de lumière pure.)




(Et aussi Tom. J’aime bien Tom.)

(Même si c’est un vendu.)

(« Je suis socialiste, à bas les classes ! » « Attends viens on te donne de l’argent » « Putain en fait c’est cool » SALE TRAÎTRE VA)


Orphan Black


Orphan Black a selon moi un mérite immense, c’est qu’elle partait d’un principe super audacieux.

Le synopsis : Sarah, une paumée avec des mauvaises fréquentations, cherche à mener une vie meilleure et récupérer la garde de sa fille. Un jour, sur un quai de gare, elle croise son double – qui se jette prestement sous un train. Comme elle a besoin de sous, elle décide de se faire passer pour elle le temps de vider son compte en banque, mais se fait rattraper par les événements et découvre qu’elle fait partie d’une flopée de clones – créées par qui, comment, dans quel but ? C’est ce qu’elle va tenter de découvrir.

Le gros défi d’un scénario pareil, c’est évidemment de trouver une actrice qui puisse jouer tous les personnages des clones. Et là, rien à dire, Tatiana Maslany est tout bonnement formidable.


(Et même quand elle fait dans l’exercice casse-gueule au possible – genre l’une des clones qui se fait passer pour une autre des clones – elle est juste un poil à côté de la plaque, exactement comme il faut.)

Le souci, avec les scénarios ambitieux de ce type, c’est qu’ils peuvent facilement devenir alambiqués – et malheureusement pour Orphan Black, c’est exactement ce qui s’est passé.

Parce qu’on partait déjà avec du lourd – une bande de clones créées et surveillées par une corporation mystérieuse, plus une secte religieuse qui veut les tuer et a retourné l’une des clones contre les autres – mais si en plus après on ajoute le réseau politique de la mère adoptive, les super-soldats, et la gamine qui se régénère comme Wolverine, ça commence à faire un peu trop.

Apres, je lui jette pas la pierre autant qu’aux autres, parce que c’est une série dont les défauts sont causés par son ambition, et il vaut toujours mieux se planter en faisant un truc original que de se ramasser en faisant du comme d’habitude.

(Quelle perle de sagesse.)

(Je suis un véritable Dalaï-Lama aujourd’hui.)



The Big Bang Theory


Big Bang Theory, c’est cette série qui m’a fait l’effet de beaucoup de sitcoms: j’ai arrêté de la trouver vraiment bonne au bout de quelques saisons, mais comme ça devenait jamais vraiment mauvais, j’ai continué à la regarder, plus par habitude qu’autre chose.

Parce que soyons francs : si on n’était pas en plein dans l’Age D’Or des séries, Big Bang Theory serait très bien. Et quand la saison 1 est sortie y’a dix ans (putain, dix ans !) c’était effectivement le haut du panier en matière de sitcom : des bons acteurs (enfin Sheldon et Howard quoi, mais bon c’est suffisant), des réparties qui fusent, un humour référencé mais quand même accessible, tout y était.

Sauf qu’on est dans l’Age D’Or des séries, et qu’il y a tellement de trucs exceptionnels qui sortent que j’ai plus envie de me contenter d’un truc moyen.

(Pourquoi manger des salsifis quand on peut avoir des panais ?)

(3615 passion légumes racine)

Bref, ça devient de plus en plus difficile de passer outre les défauts du format sitcom qui étaient faciles à ignorer en 2006 : l’éclairage pas naturel, les décors en toc, le surjeu, et surtout CES PUTAINS DE RIRES ENREGISTRÉS DE MES FESSES BORDEL ON EST AU VINGT-ET-UNIÈME SIÈCLE.

- Nan y faut garder les rires, sinon les gens vont pas savoir quand c’est drôle !
- Mais plus personne ne les utilise, chef !
- Ah, et pense bien à mettre des pauses pas naturelles du tout entre les répliques, hein.
- J’aurais dû rester chez Modern Family
- PARDON ?
- Non j’ai dit, y’a pas de problème, j’aime les salsifis !

Mais pour moi, le plus grand mal du siècle dernier dont souffre Big Bang Theory, c’est son absence de continuité.

Alors, qu’on soit clairs : l’évolution des personnages au sein de l’histoire (Sheldon qui s’éveille à l’amour, Howard qui fonde une famille), j’ai rien contre. Je pense que ce serait emmerdant de regarder dix saisons des mêmes gens qui font les mêmes trucs (n’est-ce pas Docteur House ?)

Le problème, selon moi, c’est que les scénaristes inventent des traits de caractère à leurs personnages pour coller à l’intrigue d’un (ou plusieurs) épisodes, et ensuite soit les oublient totalement (genre non chut on n’en a jamais parlé) soit forcent le trait au point que ça en devienne grotesque.

Un exemple parmi d’autres : qui parmi vous se souvient que Bernadette, au début, avait une voix normale ?

Voilà Bernadette dans le premier épisode où on l’aperçoit :


Et la voilà quelques saisons plus tard :


POURQUOI ?

Pourquoi faire prendre à cette actrice une voix de souris dans Cendrillon ?

Ça n’a aucun sens !

Idem pour plein d’autres choses qui sont passées sous le tapis – genre Raj, qui, pendant plusieurs saisons, avait une incapacité totale à parler aux femmes, et puis ensuite pouf d’un coup il y arrive en genre huit épisodes (on note l’effort tout relatif des scénaristes de se débarrasser de son affliction en deux phases : phase 1 « quand je bois de l’alcool je peux parler aux femmes », phase 2 « bon les blagues sur l’alcool c’était marrant deux minutes mais on est dans une comédie et on ne peut pas me faire devenir alcoolique, alors on dirait que je bois de la bière sans alcool par erreur et oh je peux parler aux femmes quand même, je suis guéri, le courage était en moi depuis le début ! »), et maintenant il est totalement à l’aise en permanence avec n’importe quelle nana, genre même pas un soupçon de timidité, pif pouf la magie du script.

Alors certes, on est dans une fiction, je dis pas que tout doit être conforme à la réalité à 100%, mais quand tout l’intérêt de ta série est basé sur l’interaction entre les personnages, ça devrait pas être trop demander que de vouloir un minimum de continuité.

Et aussi, j’aime beaucoup Leonard et Penny, mais ça n’a aucun sens qu’ils finissent ensemble – déjà ils ont absolument zéro points communs, et en plus Leonard est un intellectuel plutôt condescendant et Penny est conne comme une truite.


(Les créateurs de la série quand ils écrivent les dialogues de Penny.)

(Sans déconner, dans la vraie vie elle serait déjà morte en s’étranglant avec sa propre salive parce qu’elle est TROP STUPIDE POUR VIVRE.)

Et puis, tant qu'on est à parler de Penny, une dernière chose: on est en 2017. Pourquoi Penny est encore coincée en 1998, quand les geeks étaient des losers?

Non parce que là, on parle de trentenaires qui ont des boulots respectables et qui aiment les films de science-fiction et les comics (comme presque tout le monde), jouent aux jeux vidéos un soir par semaine (comme presque tout le monde), et vont au Comic-Con une fois l'an (comme CENT CINQUANTE MILLE AUTRES GENS).

Donc, disons-le une fois pour toute: quand Penny et ses potes font "Hihi Leonard et ses potes, quelle bande de gamins, ils regardent Star Wars et ils jouent à Call of Duty", c'est ELLES qui sont hors normes, pas l'inverse.

(Alors arrêtez de vous la péter en mode "Je sais pas qui c'est Gollum lol c'est des trucs de puceaux tout ça".)

(Connaître des trucs sur le Seigneur des Anneaux, c'est très sexy, je vous ferais dire.)

(Parle-moi des inspirations mythologiques de Tolkien et regarde ma culotte tomber.)

BREF.


Voilà pour les séries que j’ai arrêtées de suivre en 2016.

On se retrouve très bientôt pour mon top des séries de l’année !

(En attendant, si y’a des séries que tu as arrêtées cette année, dis-moi lesquelles, ça m’intéresse.)

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